ArcelorMittal: saisir la Commission pour pratique abusive?

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Ecolo a exhorté mercredi le gouvernement fédéral à saisir la Commission européenne du cas d'ArcelorMittal. Selon les Verts, le groupe sidérurgique se rend coupable de pratique abusive, contraire à l'article 102 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. "On n'est pas à armes égales mais on n'est certainement pas sans armes face à ce géant. La Région wallonne et l'Etat belge ont des outils pour faire face au cynisme d'ArcelorMittal. Il est peut-être temps maintenant de déposer plainte pour pratique abusive", a expliqué la co-présidente Emily Hoyos.

La manière dont le géant mondial de l'acier joue la concurrence entre ses sites de production pose question à Ecolo. La menace qu'il fait peser sur le froid à Liège ressemble, d'après lui, à une stratégie de limitation de production pour préserver des marges commerciales et augmenter les prix.

Les Verts pointent aussi les avantages fiscaux dont ArcelorMittal a joui en Belgique. Le groupe refuse d'investir 138 millions d'euros à Liège alors qu'en 5 ans, les intérêts notionnels lui ont permis d'économiser 1,5 milliard d'euros, ont-ils expliqué. Comme d'autres entreprises, il a également bénéficié d'aides à l'emploi via des diminutions de charge. Ecolo demande que ces dispositifs soient enfin conditionnés au maintien voire à la création d'emplois.

Ecolo estime enfin que le gouvernement wallon doit prendre les initiatives nécessaires pour activer le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation. Il a interpellé à cet égard le ministre wallon de l'Emploi, André Antoine.

ArcelorMittal: Le cdH liégeois demande la reprise du dialogue

Le cdH de Liège a exhorté mercredi les acteurs du dossier ArcelorMittal à reprendre le dialogue et à négocier le maintien d'une phase à froid qui nécessite de nouveaux investissements et la garantie de son approvisionnement.

Les centristes liégeois pressent par ailleurs le gouvernement wallon à mettre en oeuvre tous les moyens à sa disposition pour rétablir les conditions d'un dialogue social franc et loyal. Selon eux, la Région wallonne doit également réclamer des comptes au groupe sidérurgique si celui-ci mettait sa menace à exécution.

Le cdH s'en prend aussi au groupe sidérurgique qui "brandit la menace de l'emploi comme une arme dans les difficiles négociations relatives à la fermeture programmée de la phase à chaud". "Cette attitude est déloyale au regard de ses engagements vis-à-vis du bassin économique liégeois", a-t-il affirmé.

Le temps des rencontres...

Plusieurs rencontres sont programmées dans le courant de la semaine dans le cadre du dossier ArcelorMittal après l'annonce par la direction lundi du retrait du plan d'investissement de 138 millions d'euros, consécutif à l'échec des négociations concernant la fermeture de la phase à chaud. Direction d'ArcelorMittal et syndicats se rencontreront jeudi, tandis que les ministres wallons aborderont le sujet mercredi, a-t-on appris mardi à différentes sources. Les principaux ministres du gouvernement wallon se réuniront mercredi à 8h30 à Bruxelles afin d'examiner le dossier. Le problème devrait par ailleurs faire l'objet de questions d'actualité au parlement wallon.

Les syndicats espèrent rencontrer les ministres à l'issue du conseil restreint mais aucune information officielle ne leur est encore parvenue, a-t-on appris de source syndicale. D'autre part, la conciliation sociale annoncée pour vendredi matin aura lieu finalement jeudi matin à Liège. Syndicats et direction tâcheront à cette occasion de dégager des pistes de solutions.

Le conciliateur a été désigné à l'initiative de la ministre fédérale de l'Emploi, Monica De Coninck. "C'est la première fois qu'un conciliateur intervient dans un conflit sidérurgique", a commenté mardi Egidio Di Panfilo, secrétaire général du SETCa Liège, précisant en outre qu'il a écrit un courrier, co-signé par Francis Gomez, le patron des métallos liégeois de la FGTB, à Elio Di Rupo, demandant une intervention du Premier ministre dans le dossier. "Le niveau fédéral se doit également d'intervenir", ont-ils écrit, attendant du Premier belge qu'il se comporte comme son homologue français, Jean-Marc Ayrault, qui soutient les travailleurs français des sites en difficulté d'ArcelorMittal.

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