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L'été des enseignes (11/13)
Maxitoys, sans son papa belge
Patrick Van Campenhout
Mis en ligne le 27/07/2003
Les chaînes de magasins de jouets sont omniprésentes dans le paysage de notre riche Belgique. Mais on n'en voit jamais qu'une petite partie, sans en connaître l'exact périmètre.
Ainsi, il a fallu un incendie impressionnant - il n'a heureusement fait aucune victime - à quelques heures de la Saint-Nicolas de l'an dernier, pour que l'enseigne Maxitoys trouve une visibilité dont elle se serait fort bien passée. On a brièvement évoqué à l'époque le sinistre qui avait ravagé le centre logistique de cette chaîne internationale basée dans notre pays. Les médias ont rapidement oublié l'accident, ce que le fondateur de la chaîne, amoureux de discrétion, a sans doute apprécié.
Croissance sage
C'est que les contours flous de la chaîne doivent beaucoup à la personnalité de ce Belge de 46 ans qui a lancé l'enseigne il y a 20 ans. Celui-ci, homme d'affaires dans ses tripes, entame pourtant une carrière professionnelle modeste. Son premier job, il le cueille dans un petit magasin de jouets - Les trois pommes - à Waterloo.
Philippe Paré qui n'est pas sorti en col blanc de l'Ecole de Commerce Solvay, y trouve immédiatement sa voie. Il n'éprouve pas d'affection particulière pour le jouet en tant que tel. Mais l'organisation d'un réseau de distribution, l'ouverture de nouveaux points de vente, la gestion des achats et du stock, la logistique, ça le connaît. Un don, sans doute, puisqu'il ouvre en 1981, sans autres moyens propres que l'épargne grattée sur ses premiers emplois, un magasin, puis un autre et un autre encore sous une première enseigne Mini Club.
La croissance sage et mesurée de sa chaîne qui déborde déjà largement de son Brabant wallon d'origine, l'amène toutefois à se poser des questions sur les avantages d'un adossement stratégique. En 1990, il a en effet lancé le concept des Maxitoys actuels: grande surface striée de linéaires industriels regorgeant de jouets. On en arrive vite au milieu des années 90 alors que tous les groupes financiers rêvent de taille critique et de croissance externe. Philippe Paré contacte des partenaires potentiels et parvient à séduire le groupe néerlandais Blokker. En 1998, l'accord est signé qui prévoit la cession graduelle de la participation majoritaire du fondateur. A ce moment, Maxitoys compte déjà quelque 150 magasins et emploie près de 1000 collaborateurs. L'enseigne est présente en Belgique, bien sûr, mais aussi en France, au Luxembourg en en Turquie et au Maroc.
Pincement au coeur
Philippe Paré signe donc avec Blokker qui achète à l'époque à tours de bras. En 1997, le groupe néerlandais s'est pourtant fait taper sur les doigts par la Commission européenne pour le renforcement de sa position dominante aux Pays-Bas au travers du rachat de la filiale néerlandaise de l'américain Toys'R'US. Qu'importe. Les rapports entre les deux groupes sont excellents et la convention de cession prévoit que le fondateur restera aux commandes durant 5 ans. Ce qu'il fait.
En janvier 2003, quelques semaines après l'incendie du centre logistique de Nivelles, le mariage conventionné se termine. Le père de la chaîne abandonne sa place non sans un pincement au coeur. Dans une entreprise aussi intimement liée à son fondateur, les liens sont forts. La direction générale du groupe vient de changer et c'est un membre de la famille Blokker en personne qui s'est installé aux commandes. En toute discrétion.
Amoureux des animaux
Et Philippe Paré, rentier à 46 ans après avoir lâché un groupe qui réalise quelque 125 millions d'euros de chiffre d'affaires? Non, il vient de se relancer dans le business. Cette fois, il s'agit de magasins - Anmila Planet - destinés aux amoureux des animaux de compagnie. Des magasins? Il y a, bien entendu, un premier point de vente à Waterloo - on ne se refait pas. Mais on parle une fois encore de gestion de masse, de logistique à l'échelle européenne, d'une présence globale. Philippe Paré n'a rien, lui, contre le travail... à la chaîne.
© La Libre Belgique 2003
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