La Libre.be > Economie > Actualité > Article
Emploi
Fin de carrière: la FEB ouvre le débat
Rachel Crivellaro
Mis en ligne le 13/07/2004
Le cinglant rapport du Conseil supérieur de l'emploi aura confirmé les craintes de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) sur l'insuffisance des plus âgés au travail dans notre pays où seule une personne de plus de 55 ans sur 4 est encore au travail (lire LLB du 6/07). Le constat n'est pas neuf, la Commission européenne a souvent montré la Belgique du doigt pour son faible taux d'activité en général et de ses plus âgés en particulier. Mais, pour la FEB, il devient urgent de renverser la vapeur. «Selon l'étude 2004 de la Commission sur le vieillissement, à politique inchangée, le coût du vieillissement entraînera à moyen terme (2030) un coût supplémentaire de 3,8 pc du PIB tant pour les soins de santé que pour les pensions. Les retombées seront lourdes pour la sécurité sociale. A long terme, ce coût sera supporté par les entreprises si l'on veut assurer la viabilité de la sécu», souligne Pieter Timmermans, directeur général de la FEB.
Inquiétudes
Si d'autres facteurs d'ordre macro-économique inquiètent la FEB, cette dernière relève également des inquiétudes au niveau micro-économique. «En raison, notamment, de la culture de départ anticipé, les entreprises ont en grande partie perdu le contrôle des licenciements», note Arnout De Koester, responsable du département social à la FEB. «Il faut aussi que les entreprises puissent maintenir l'expérience et l'expertise en interne au prix normal du marché.»
Si, de manière plus personnelle, la modification de la fin de carrière est importante à plusieurs titres pour les entreprises, depuis quelques années, le succès de la prépension en Belgique ne se dément pas. En partie, estime la FEB, en raison de la politique nationale qui y recourt systématiquement en cas de plan social mais aussi pour favoriser l'emploi des plus jeunes. Un échec, selon la FEB. En partie également en raison des avantages financiers que procure une prépension par rapport à une pension. En réalité, les plus âgés sont soumis à la fois à des facteurs dits «push» (qui font sortir les travailleurs du marché de l'emploi) et à des facteurs dits «pull» (qui soustraient les travailleurs âgés au marché de l'emploi). Ainsi, dans la catégorie «push», l'on épinglera la tension salariale entre les travailleurs plus âgés - plus chers - et les plus jeunes qui donne l'avantage aux seconds dès lors qu'il s'agit de procéder à des licenciements économiques. Dans la catégorie «pull», l'on observe que le revenu de remplacement élevé en cas de licenciement en fin de carrière (prépension) doublé de divers suppléments constituent un incitant négatif pour continuer à travailler au-delà de 55 ans.
Un «master plan»
La FEB avance donc un «master plan» afin de mieux gérer la fin de carrière. Il s'agit d'un «plan cohérent, articulé sur 9 clés de voûte, toutes dépendantes l'une de l'autre». Pour la Fédération des employeurs, il s'agit de mesures tant contraignantes qu'incitatives visant à maintenir les travailleurs âgés dans l'entreprise. Ainsi, elle propose la mise en place d'incitants à travailler plus longtemps et des mesures destinées à décourager les départs anticipés. Les employeurs estiment également qu'il faut rétablir les principes de base: pas de pseudo-pension avant l'âge de la pension. «Trente années de politique de fin de carrière ont estompé la distinction entre le départ temporaire du marché du travail et le départ définitif», relève la FEB. La Fédération plaide également pour une dynamique plus forte sur le marché du travail en faveur des travailleurs âgés et des chômeurs (suppression des statuts exceptionnels en matière de disponibilité pour les plus âgés, création de services spécialisés, de systèmes pour faciliter le passage d'un statut à l'autre...).
D'autres propositions viennent conforter le plan de bataille de la FEB, qui attend maintenant avec impatience la concertation sur les fins de carrière annoncée par le ministre de l'Emploi, Frank Vandenbroucke, pour l'automne prochain. Sous réserve que ce dernier soit toujours en place.
© La Libre Belgique 2004
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...