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Pouvoir d'achat

Les Belges égaux devant l'inflation ?

P.Lo

Mis en ligne le 01/12/2006

La hausse des prix a-t-elle pesé sur le pouvoir d'achat, entre autres des démunis ?
Inexact, rétorque l'Ires qui montre que l'indexation des salaires n'est pas préjudiciable.

Il y a quelques mois, le Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs et l'Observatoire du crédit et de l'endettement ont affirmé que le pouvoir d'achat des agents de la fonction publique avait diminué de 2, 28 pc au cours des dix dernières années, celui des salariés, de 2, 08 pc et celui des ménages défavorisés, de 3, 2 pc alors que, dans le même temps, les prix avaient enchéri de 19 pc. "La plupart des biens alimentaires et de consommation courante ont connu une augmentation de prix supérieure à la moyenne", observaient le Crioc et l'Observatoire qui citaient l'exemple des pommes de terre (+ 76 pc), du poisson (+ 29 pc) et des fruits frais (+ 26 pc).

A en croire ces deux acteurs, la liaison des salaires à l'index ne serait plus, depuis des années, un "rempart" contre la flambée des prix. Et l'indice général des prix à la consommation, l'outil "officiel" servant à mesurer l'évolution du coût de la vie, "ne rendrait pas compte correctement de l'évolution du coût de la vie supporté réellement par chaque individu ou chaque ménage".

"La critique se révèle, dans les faits, excessive", affirment Vincent Bodart et Jean Hindriks, professeurs à l'Ires (UCL). Dans la dernière livraison des "Regards économiques", ceux-ci montrent que vouloir préserver le pouvoir d'achat à tout prix est manifestement hors de propos. La raison est simple, selon eux . "Les ménages ont toujours la possibilité de modifier leurs choix de consommation en fonction des prix et de se tourner vers des biens de consommation moins chers. Certains diront que cette possibilité de substitution choisie est un luxe qui n'est pas accessible aux ménages à bas revenus, lesquels seraient obligés de restreindre leur consommation de biens devenus moins chers pour couvrir le surcoût des dépenses incompressibles. C'est pour cette raison que les personnes à faible revenu ris quent d'être plus vulnérables à l'inflation que les personnes à revenu élevé", notent les auteurs .

Et ceux-ci de montrer que l'évolution du coût de la vie a été relativement similaire pour les différentes classes de revenu sur la période 1998-2005 alors que l'on observe effectivement des différences sensibles dans la composition de la consommation en fonction du niveau de revenu. "Au cours de cette période, le coût de la vie, mesuré par l'indice général des prix, a ainsi augmenté de 14, 6 pc pour les ménages à faible revenu et il a augmenté de 13, 8 pc pour les ménages à plus haut revenu. L'indexation des salaires sur un indice général des prix à la consommation n'aurait donc pas été préjudiciable au maintien du pouvoir d'achat des ménages à faible revenu", soulignent MM. Bodart et Hindriks. Ceci s'explique, selon eux, par le fait que le prix de nombreux produits - qui représentent une proportion importante des biens et services achetés par les ménages - augmente à des rythmes de croissance assez proches. Il y a aussi, disent-ils, des "effets de compensation" : ainsi, en 2005, les faibles revenus ont surtout souffert de l'impact de la hausse des charges d'habitation tandis que les hauts revenus ont souffert de la hausse du prix des biens culturels et de loisirs.

Web www.uclouvain.be/regards

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