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Banque mondiale
Soulagement et débat sur la nationalié du successeur
AFP
Mis en ligne le 18/05/2007
L'annonce de la démission de Paul Wolfowitz de la présidence de la Banque mondiale a été accueillie vendredi avec soulagement dans plusieurs capitales et avec le souhait d'un rapide retour à la normale, mais le débat est ouvert sur la question de la nationalité du successeur.
Paul Wolfowitz, un proche du président américain George W. Bush et ancien numéro deux du Pentagone, a accepté jeudi soir de quitter la Banque mondiale le 30 juin, emporté par l'affaire de favoritisme déclenchée par la généreuse augmentation de salaire accordée à sa compagne. Parmi les premiers à réagir, le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, a estimé que Paul Wolfowitz avait pris la bonne décision, observant que cette affaire avait duré trop longtemps et entaché la réputation de la Banque mondiale. "Il faut maintenant très vite arrêter de remuer le passé pour rétablir le plus vite possible la réputation et la capacité de fonctionnement de la Banque mondiale. Elle est extrêmement importante pour les pays du tiers-monde", a ajouté M. Steinbrück, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne.
Berlin a aussi a réaffirmé le principe de la nomination du président de la Banque mondiale par les Etats-Unis. "Il n'y a pas de remise en question du droit des Etats-Unis à proposer son successeur", a déclaré le porte-parole du gouvernement Thomas Steg.
La Suisse a elle aussi fait part de son soulagement. "La Banque mondiale peut désormais revenir rapidement à la normalité", a déclaré un porte-parole du ministère de l'économie. Berne a rendu hommage à l'engagement personnel de Paul Wolfowitz, notamment dans la mise en oeuvre des plans d'action en Afrique ou dans le domaine du réchauffement climatique. Pour sa part, l'économiste en chef de la Banque mondiale, le Français François Bourguignon, a estimé que la décision de Paul Wolfowitz avait résolu "la crise" au sein de l'institution. Maintenant, "nous avons besoin d'un président et c'est urgent", a-t-il déclaré en Slovénie.
D'autres pays ont abordé la délicate question de la nationalité du successeur de Paul Wolfowitz. Le ministre néerlandais du Développement et de la Coopération Bert Koenders a suggéré une révision de la tradition qui veut que la présidence de la Banque mondiale aille à un Américain, tandis que celle du Fonds monétaire international (FMI) est réservée à un Européen. "L'époque a beaucoup changé depuis la date de cet accord en 1945. Il y a de nouvelles puissances dans ce monde qui veulent faire entendre leur voix. L'affaire Wolfowitz montre clairement que la qualité doit être le principal critère dans le choix d'un successeur" à Paul Wolfowitz, a souligné M. Koenders.
De son côté, le gouvernement japonais a estimé que le choix de la nationalité du futur président de la Banque mondiale appartenait à l'institution internationale elle-même. "La nationalité du successeur est une affaire de gouvernance pour la Banque mondiale", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yasuhisa Shiozaki.
Le Japon, deuxième pourvoyeur de fonds de la Banque Mondiale, a été, au côté des Etats-Unis, le seul pays du G7 à soutenir Paul Wolfowitz. L'organisation caritative britannique Oxfam a demandé la fin de l'"arrangement injuste" sur la nationalité des présidents du FMI et de la Banque mondiale et souhaité que "le prochain président de la Banque soit nommé sur la base du mérite et lors d'un processus transparent".
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