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Énergie
"Air Energy garde les mains libres"
Philippe Galloy
Mis en ligne le 28/03/2008
Eneco lancera prochainement une offre publique d'acquisition sur les titres d'Air Energy cotés en Bourse de Bruxelles.
Jeudi, la société belge spécialisée dans la production d'énergie éolienne a annoncé que ses actionnaires fondateurs avaient vendu leur participation (70,8 pc du capital) au néerlandais Eneco, pour un montant de 39 euros par action, soit une prime de 75,28 pc par rapport au cours de clôture du jour.
Interrogé sur l'avenir de l'entreprise, Frédéric Dawans, administrateur-délégué d'Air Energy, souligne que la direction actuelle reste à la tête de la société. "L'objectif d'Eneco est d'accroître ses activités en Belgique mais en laissant libre cours à notre esprit d'entreprise, explique-t-il. Il nous laisse une grande liberté."
Mais pourquoi les deux fondateurs et administrateurs délégués d'Air Energy, Luc Regout et Frédéric Dawans, ont-ils décidé de s'adosser au groupe néerlandais ? "Nous avons pas mal de projets importants en développement, indique Frédéric Dawans. Eneco a une très bonne expérience dans la production d'énergie renouvelable aux Pays-Bas et était donc un partenaire idéal pour nous épauler et mener ces projets à bien."
L'introduction en Bourse n'était-elle donc qu'une étape intermédiaire, avec une vente comme objectif ultime ? "Non, répond Frédéric Dawans. Sinon, nous ne serions pas entrés en Bourse ! La cotation d'Air Energy répondait à une vision à long terme. Si nous avons changé d'avis en cours de route, c'est en raison des aléas de la vie, afin de profiter de l'expérience d'Eneco dans ce secteur. Et si nous avons vendu, nous avons réinvesti pour garder une part de 15 pc dans la société, Luc Regout et moi-même."
Investissement à long terme
Cette opération ressemble pourtant furieusement à la réalisation d'une plus-value au meilleur moment, c'est-à-dire quand les prix du secteur de l'énergie renouvelable sont au plus haut. Les fondateurs profitent-ils d'une bulle spéculative ? "Je ne sais pas s'il y a une bulle, répond Frédéric Dawans. Mais ce que je constate, c'est que ce ne sont pas des financiers qui achètent mais bien des industriels. Pour eux, il s'agit d'un investissement à long terme. Ce qu'ils veulent, c'est être producteur et fournisseur d'électricité verte : les perspectives sont donc à très longue échéance."
Reste que cette prise de contrôle d'Air Energy par Eneco constitue une nouvelle fuite à l'étranger d'un fleuron belge. "Je suis flatté que notre société soit considérée comme un fleuron !, s'amuse Frédéric Dawans. Plus sérieusement, dans le contexte européen actuel, surtout en ce qui concerne le marché de l'énergie, ça n'a pas grande importance."
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