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Energie
Electrabel : Paul Magnette menace...
Ariane van Caloen
Mis en ligne le 28/05/2008
- Edito: Comme de l'électricité dans l'air...
- Paul Magnette au micro de Ciel
- edito audio de Vincent Slits
C'est la bisbrouille entre Paul Magnette, le ministre de l'Energie, et Electrabel. Mardi, la filiale de Suez a expliqué dans un communiqué envoyé à l'agence Belga que "les commentaires faisant état d'un accord des producteurs nucléaires de contribuer à hauteur de 250 millions d'euros pour 2008 au budget de l'Etat sont erronés. A fortiori, aucune disposition pour les exercices ultérieurs n'a été examinée. A ce stade - celui de discussions techniques - seules des pistes de réflexion ont été évoquées" .
Cette mise au point a suscité l'ire du ministre de l'Energie. "Cette déclaration constitue un inacceptable retournement de situation de la part d'Electrabel qui revient sur l'accord confirmé hier", a-t-il répondu du tac au tac par communiqué. Si cette position est maintenue, "elle met un terme à la concertation avec le secteur de l'électricité au sujet de cette contribution", poursuit-il. Il proposera "au gouvernement de prendre les mesures nécessaires en vue d'obtenir un montant équivalent ainsi qu'une série de mesures contraignantes destinées à mettre fin à la position dominante d'Electrabel sur le marché belge".
Comment expliquer la sortie d'Electrabel ? On peut imaginer que la filiale de Suez a voulu mettre la pression sur le monde politique belge alors qu'un certain nombre de dossiers ne sont toujours pas réglés à ses yeux. Elle le laisse d'ailleurs sous-entendre dans le communiqué. La concrétisation des discussions "ne pourrait être envisagée que dans un cadre global, concerté avec les différentes autorités publiques, permettant la réalisation des conditions liées à la fusion entre Suez et Gaz de France et celle des objectifs de la déclaration gouvernementale en matière d'énergie", souligne-t-elle.
Droit de préemption
Alors, de quoi s'agit-il exactement ? Il y a plusieurs explications possibles.
1Il y a le dossier Distrigaz. Suez doit vendre sa participation de 57 pc dans l'opérateur gazier belge pour répondre aux exigences européennes dans le cadre de la fusion avec GDF. Le groupe français a entamé des négociations exclusives avec l'italien ENI, qui a fait la meilleure offre. Le hic, c'est que Publigaz, le holding qui regroupe les participations des communes belges dans Distrigaz et Fluxys, a un droit de préemption. Et, visiblement, son président, Daniel Termont (SP.A), également bourgmestre de Gand, laisse planer un certain flou. Histoire peut-être aussi d'obtenir en contrepartie une plus grande part dans Fluxys, le gestionnaire du réseau de transport de gaz et le propriétaire du terminal de Zeebrugge, dont Suez est également actionnaire.
2 Il y a la question de savoir si les discussions entre Electrabel et le gouvernement portent aussi sur le prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires. Paul Magnette a affirmé qu'il n'y avait pas de lien. Certains se demandent néanmoins, alors, à quel titre il prévoit une "perception récurrente" .
3 Vient la dernière question : pourquoi le ministre a-t-il sorti le communiqué lundi au moment où personne ne s'y attendait ? Même dans les milieux gouvernementaux, on s'étonne de cette précipitation. On s'attendait à ce que le communiqué tombe en fin de semaine, après la finalisation des discussions entre Suez et ENI et donc éventuellement l'assurance que Publigaz n'allait pas exercer son droit de préemption.
Paul Magnette est-il, lui aussi, dans une tactique de négociation ? Ou a-t-il été pris de court par les négociations menées en parallèle par Daniel Termont ? Sachant que les socialistes francophones sont tout de même bien représentés dans Publigaz. Ou, autre possibilité évoquée par certains : a-t-il voulu asseoir son autorité alors que sa décision de suspendre la baisse des tarifs de transit (appliqués par Fluxys pour le compte de Distrigaz) commençait à faire l'objet de critiques dans certains milieux politiques flamands ?
Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que c'est un coup dur pour Magnette. Ecolo a estimé "pareille légèreté incompréhensible et inacceptable de la part d'un membre du gouvernement". Les Verts annoncent que le ministre de l'Energie devra fournir jeudi en séance plénière toutes les explications relatives à ce "non-accord".
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