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Crise financière
Le FBI soupçonne une vaste fraude
Ch. Ly.
Mis en ligne le 25/09/2008
Alors que le Congrès américain hésite à approuver un plan de sauvetage sans précédent du secteur financier, un chèque de 700 milliards de dollars, le FBI a confirmé mercredi qu'il menait actuellement une vaste enquête pour fraude dans le milieu financier.
Le FBI se refuse à citer les sociétés qui sont visées par cette enquête, mais selon la presse les quatre géants qui ont été au centre de la tornade sont bien dans le collimateur de la justice. Une enquête "préliminaire" serait donc menée contre la banque d'affaires Lehman Brothers, tombée en faillite, l'assureur American International Group (AIG), nationalisé par le gouvernement Bush, et les deux sociétés de crédit hypothécaire Freddie Mac et Fannie May, par qui la crise des subprimes est arrivée.
Plusieurs enquêtes
Vingt-six enquêtes sont menées de front, et certaines visent la tête de ces institutions jugées responsables de la crise financière actuelle. "Le FBI poursuivra ces dossiers aussi loin que nécessaire dans la chaîne de la direction pour s'assurer que ceux qui sont responsables reçoivent la justice qu'ils méritent", avait promis le directeur du FBI, Robert S. Mueller III, lors d'une audition sénatoriale.
Selon une enquête Pew Research Center, une majorité des Américains (56 pc des Démocrates, 64 pc des Républicains) est favorable à l'intervention massive de l'Etat pour sauver le système financier, mais, dans les permanences électorales ou sur les sites web des députés, la population réclame aussi que des têtes tombent et que des mesures soient prises pour que "les titans ternis de Wall Street ne partent pas avec des dizaines de millions de dollars de salaire par an alors que les contribuables paient la facture", écrit le "New York Times".
D'après l'Economic Policy Institute, un centre de recherche libéral de gauche de Washington, le salaire cumulé - compensations y comprises - des dirigeants des grandes sociétés américaines en 2007 était 275 fois supérieur au salaire d'un travailleur moyen. A la fin des années 70, ce rapport n'était "que" de 35 fois supérieur.
Les députés américains sont divisés sur la médecine proposée par l'administration Bush, et leurs débats dépassent les clivages politiques.
Le secrétaire au Trésor Henry M. Paulson et le patron de la Réserve fédérale Ben S. Bernanke ont fait le tour mardi et mercredi des "congressmen" pour leur demander de soutenir sans délai le plan de la Maison Blanche. Le rejeter amènerait les Etats-Unis dans la récession, augmenterait le chômage, et "empêcherait l'économie américaine de se remettre", a lancé M.Bernanke.
Le puissant sénateur démocrate Chris Dodd, président de la commission bancaire du Sénat, a jugé mardi que le plan n'était "pas acceptable" en l'état. Des consultations ont encore eu lieu mercredi au sein du bloc républicain et de la Chambre des représentants.
Le but du plan Paulson est de purger autant que faire se peut le système financier américain des actifs gangrenés. Il autoriserait le Trésor à détenir jusqu'à 700 milliards de dollars d'actifs liés à des crédits immobiliers et à procéder pendant deux ans à des rachats de crédits immobiliers résidentiels ou commerciaux.
Les Démocrates, qui contrôlent depuis 2006 la Chambre et le Sénat, réclament des ajustements au plan, dont notamment le plafonnement des salaires des patrons des entreprises sauvées et la possibilité pour le Trésor d'entrer dans le capital de ces entreprises.
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