La Libre.be > Economie > Actualité > Article
Les opérateurs font des cauchemars
Patrick Van Campenhout
Mis en ligne le 27/09/2008
Les marchés financiers passent par une phase très dure pour les investisseurs comme pour les opérateurs. Les uns perdent de l'argent, les autres leur boulot... Et dans le secteur de la banque, chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles. Vendredi, les opérateurs ont donc été forcés de tenir compte de cet afflux d'informations, de la nouvelle faillite d'un géant du crédit hypothécaire américain (voir ci-contre) et d'une nouvelle vague de déprime en Fortis sur les bourses de Bruxelles et d'Amsterdam. Sans oublier l'intervention du management de Fortis sous la forme d'un exercice de communication de crise, assisté par les membres les plus influents du gouvernement fédéral belge. Le tout laissant à penser que le cyclone financier a décidé de s'installer au-dessus du Benelux. En chiffres, cette accumulation de nouvelles s'est soldée en Belgique par un reflux de 20,37 pc de l'action Fortis et de 8,14 pc de Dexia et, partant, par des ventes globales de notre marché qui ont poussé à la baisse l'indice BEL 20. Un indice qui a terminé la journée en recul de 3,17 pc à 2814,11 points. Cela étant, la déprime liée à la crise financière a touché tous les marchés d'actions en Europe, Londres reculant de 2 pc, Paris de 1,50 pc Francfort de 1,77 pc et Amsterdam de 4 pc. Amsterdam, comme Bruxelles, a souffert d'un véritable "effet Fortis", accentué par la chute par sympathie d'ING (-7 pc) et d'Aegon (-6,10 pc), ainsi que d'autres financières.Washington Mutual...
Cette agitation dévastatrice est évidemment à mettre aussi en relation avec l'annonce jeudi soir aux Etats-Unis, après la fermeture de Wall Street, de la mise en faillite par les autorités américaines de la banque Washington Mutual, puis par l'annonce du rachat de ses actifs sains par JPMorgan. La défaillance de la première banque d'épargne américaine permettant au passage la naissance de la première banque américaine en termes de volume d'actifs. Qu'on ne s'y trompe pas, la défaillance de Washington Mutual constitue la plus grosse faillite bancaire de l'histoire financière américaine, même si ce nom n'est pas connu dans nos contrées. Et le lâchage par les autorités américaines de cet acteur de premier plan a rappelé que le plan de sauvetage étudié actuellement par les membres du Congrès américain, s'il est potentiellement lourd de quelque 700 milliards de dollars, vise avant tout l'acquisition d'actifs de qualité dans le but de protéger les poids lourds incontournables dont la faillite pénaliserait l'économie américaine. Selon le principe "too big to fall"...
On tergiverse ?
Cette nouvelle a évidemment glacé les opérateurs qui avaient revu leur stratégie sur les valeurs du secteur financier. Et les négociations entamées sur le plan Paulson de sauvetage des banques américaines n'ayant pas donné le sentiment d'un engouement véritable et l'assurance d'une conclusion rapide, les investisseurs ont préféré prendre la tangente à l'approche du week-end.
A la Bourse de New York, les investisseurs ont aussi suivi de loin les débats politiques sur le plan qui va engager des milliers de dollars par tête d'Américain actif, mais ici dans la perspective de se retrouver lundi en porte-à-faux si d'aventure un accord définitif devait être dégagé au Congrès. Si ce devait être le cas, il est clair que le secteur financier aurait suffisamment de raisons de retrouver son souffle, pour un temps au moins. Mais on n'en est pas là, et pendant ce temps, les épargnants tremblent.
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...