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Édito

Il faut trouver une solution pour Fortis

Par Ariane van Caloen

Mis en ligne le 27/09/2008

Que se passe-t-il donc avec Fortis ? L'action a perdu 20 pc vendredi et 33 pc en une semaine. Depuis le début de l'année, la chute est de... 70 pc. C'est largement plus que la moyenne des autres banques.

Il n'y a donc pas que la crise financière qui est en cause. Même si elle pourrit la situation en pesant sur les Bourses et en mettant à l'arrêt le marché interbancaire.

Si Fortis est tellement mis sous pression, c'est parce qu'il subsiste des doutes sur le financement du rachat de certains actifs d'ABN Amro qui - faut-il le rappeler? - s'est fait au plus mauvais moment.

Et le groupe belgo-néerlandais a beau dire qu'il y arrivera, qu'il a une solvabilité largement suffisante et qu'il ne doit pas faire une augmentation de capital à un prix bradé, le marché ne le croit plus. Car trop souvent, les déclarations exagérément optimistes des dirigeants ont été démenties par les faits. Et cela a commencé au moment de l'assemblée extraordinaire convoquée en août 2007 pour approuver l'augmentation de capital où les actionnaires ont eu droit à des discours triomphants.

Mais, la vraie question actuelle n'est-elle pas de savoir comment éviter que Fortis ne s'engouffre dans un cercle vicieux où la baisse vertigineuse du cours entame la confiance des clients et donc le courant des affaires ? La question est d'autant plus cruciale que Fortis est une société qui emploie des milliers de collaborateurs valables et affiche un solide fonds de commerce avec des millions de clients.

Cette question vise bien sûr d'abord les dirigeants de Fortis. Ils n'ont visiblement pas encore trouvé la solution, se contentant de reconnaître des erreurs de communication. A cet égard, on a du mal à imaginer que l'annonce faite hier de la nomination de Filip Dierckx comme CEO du groupe à la place d'Herman Verwilst, qui faisait l'intérim, va être la solution miracle que tout le monde attendait. Lui qui est un homme du sérail.

La question sur la manière de rétablir la confiance vis-à-vis de Fortis concerne aussi les autorités de contrôle de Belgique et des Pays-Bas. On aurait aimé que leur vigilance et leur soutien soient plus évidents aux yeux de l'extérieur. Les hommes politiques sont aussi concernés. Et les déclarations faites hier sont apparues insuffisamment rassurantes, donnant même l'impression qu'ils ne s'étaient pas préparés au problème.

C'est dommage. Car il faut trouver une solution. C'est toute l'économie belge qui est en jeu.

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