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Crise financière

"Fortis : pas question de faillite"

AvC

Mis en ligne le 27/09/2008

L'ex-CEO Herman Verwilst l'a martelé vendredi. Le groupe s'est dit rassurant sur sa solvabilité. Cela n'a pas convaincu les marchés. L'action a encore perdu 20 pc. En soirée, Fortis a annoncé la nomination de Filip Dierckx comme nouveau CEO.

Fortis a beau sortir des communiqués se voulant rassurants sur sa santé financière, l'action continue à plonger sur les marchés. Vendredi, elle a encore perdu 20 pc à 5,2 euros. Les investisseurs ont toujours des doutes sur la capacité du groupe à réaliser son plan de financement et sur sa solvabilité alors qu'il a revu à la hausse le montant des actifs à vendre. La nomination de Filip Dierckx comme nouveau CEO s'est faite après la clôture de la Bourse. Voyons quelle est la situation aujourd'hui.

1. Fortis est-il dans une situation financière précaire ? Le communiqué sorti vendredi affirme que la "solvabilité de Fortis est solide et nettement au-dessus du minimum légal". Lors d'une conférence téléphonique, les dirigeants du groupe ont rejeté catégoriquement l'hypothèse d'une faillite. "Il y a une grande différence entre le cours de l'action d'une part et la solidité de la compagnie d'autre part", a expliqué le CEO Herman Verwilst lors de la conférence téléphonique. "Il n'est pas question de faillite", a-t-il ajouté.

Au 30 juin 2008, les capitaux propres au sens strict de Fortis étaient de 4 milliards supérieurs à son propre objectif. Et le groupe dispose de 300 milliards de liquidités (venant notamment des dépôts des différents clients).

2. La baisse du cours a-t-elle un impact sur la clientèle bancaire ? "La situation de la banque est solide", souligne le communiqué. Par rapport au 1er janvier 2008, les retraits de la clientèle représentent moins de 3 pc du total des actifs provenant de la clientèle retail banking au Benelux. Le communiqué parle de "mouvements extrêmement limités".

3. Y-a-t-il des éléments neufs ? Fortis annonce qu'il va vendre pour un montant compris entre 5 et 10 milliards d'euros des activités basées tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Benelux. Le nom de la banque turque Dizbank (LLB du 23 septembre), qui est considéré comme un des pôles de croissance du groupe, est de plus en plus cité. "Le processus est en cours et les marques d'intérêt sont nombreuses", a commenté Herman Verwilst. A ce stade, dix dossiers ont été identifiés.

Le groupe a décidé d'accroître les ventes d'actifs car certaines mesures du plan de refinancement (comme l'émission d'instruments non dilutifs) ne sont pas réalisables dans le contexte actuel de crise financière. "Aucune augmentation de capital n'est envisagée", assure également le groupe dans le communiqué. Qui dit aussi avoir le temps - 12 à 18 mois - pour répondre à ses besoins de capitaux supplémentaires.

Mais il n'est pas à exclure que certaines transactions déjà annoncées, comme la vente de 50 pc de Fortis Investments (gestion d'actifs du type sicav) au Chinois Ping An pour 2,15 milliards prennent du temps à se réaliser. Les autorités de contrôle chinoises tardent en effet à donner leur feu vert.

4. Changement dans la direction? Sur le coup des 20 heures passés, un communiqué a annoncé hier que le conseil d'administration de Fortis a décidé à l'unanimité de nommer Filip Dierckx en tant que nouveau CEO de Fortis, succédant à Herman Verwilst qui faisait l'intérim après le départ de Jean-Paul Votron. Filip Dierckx (52 ans), jusqu'ici CEO de Fortis Banque et membre du comité de direction, fait faisait partie des favoris comme CEO. Conformément à la législation néerlandaise, sa nomination doit être approuvée par une assemblée générale, qui "sera annoncée en temps voulu", dit le communiqué. L'assemblée pourrait être convoquée dans les semaines à venir.

5. Fortis, une proie facile ? Ce n'est pas si évident car personne ne peut dire ce que vaut Fortis notamment en raison des provisions qu'il pourrait être amené à faire sur son portefeuille de crédits structurés derrière lesquels on trouve notamment du "subprime" (prêts à risque). Et s'il y avait un candidat acquéreur, il ne devrait pas offrir une prime très élevée par rapport au cours actuel.

Autre possibilité : le groupe Fortis est démantelé ou n'intègre pas certaines activités d'ABN Amro lesquelles seraient rachetées par d'autres institutions. Une hypothèse que n'a pas exclue le ministre néerlandais des Finances, Wouter Bos. Ce dernier a également déclaré vendredi que des contacts seraient noués avec Didier Reynders.

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