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On évite un scénario à la Sabena
AvC
Mis en ligne le 29/09/2008
Quels impacts aura le plan évoqué dimanche soir ? Voici un petit tour d'horizon.
1Le personnel : il est bien sûr le premier concerné par le plan de sauvetage. A priori, la solution annoncée dimanche fera moins de dégâts en Belgique que si le groupe avait été récupéré par un repreneur du type BNP qui aurait voulu rapidement se payer sur la bête en rationalisant tous azimuts. Une nouvelle plutôt rassurante. Car Fortis est le plus grand employeur privé en Belgique (18000 personnes sur un total de 65 000). Bref, on évite sans doute ce qui aurait pu être cinq fois pire que la faillite de la Sabena point de vue social.
2 Economie belge : même si le pire est évité, il y aura des conséquences négatives pour l'économie belge. Tout d'abord par le biais de la perte encaissée par les actionnaires. Tous les actionnaires de Fortis - et ils sont nombreux en Belgique - ont perdu de l'argent. Souvenons-nous : au 31 décembre 2006, la capitalisation boursière de Fortis était de 43 milliards. C'était avant l'augmentation de capital de 13 milliards réalisée en octobre 2007 pour financer le rachat d'ABN Amro. Vendredi dernier, le groupe pesait en Bourse à peine 12 milliards d'euros. Autrement dit, ce sont près de 40 milliards d'euros qui sont partis en fumée.
Parmi les perdants, il y a donc tous les petits épargnants qui avaient acheté des Fortis comme valeur de bon père de famille. Il y a aussi les quelques holdings belges actionnaires (Sofina, Bois Sauvage,...). Il y a également tous les fonds de pension qui avaient en portefeuille du Fortis, une des valeurs phares du Bel 20. De plus, ceux qui se paient des vacances avec les dividendes de Fortis pourraient devroir faire l'impasse pour 2008. Bref, ils risquent de se serrer la ceinture.
3 Le cours de Bourse : la solution qui a été trouvée dimanche va-t-elle permettre au cours de Bourse tombé vendredi à 5,2 euros, soit son plus bas historique, de remonter ? Certains analystes ne l'excluent pas en raison du renforcement des fonds propres par les Etats belge, néerlandais et luxembourgeois via les filiales bancaires des trois pays. Mais on est évidemment loin des 35 euros atteints début 2007.Et qui sait combien de temps, il faudra pour atteindr eà nouveau ce niveau.
4 Le contribuable : L'Etats belge devrait émettre des emprunts à long terme pour trouver les 4,7 milliards qu'il va injecter dans Fortis. Donc, a priori, le contribuable n'est pas directement mis à contribution. A moins que les affaires tournent mal pour Fortis dont les actions ne remonteraient pas. Les Etats risqueraient dès lors d'y perdre.
5 La direction : le plan pourrait-il apporter des changements dans la direction du groupe ? Question difficile. Certains s'étonnent en tout cas que Filip Dierckx ait été nommé vendredi CEO de Fortis à la place d'Herman Verwilst. Car Filip Dierckx a dirigé le département banque d'affaire. Il est donc tenu pour responsable des investissements importants de Fortis dans les crédits structurés (plus de 40 milliards d'euros) qui sont aujourd'hui fortement dévalorisés à cause de la crise du subprime.
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