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Le plan de sauvetage américain en voie d'adoption
P.-F.L.
Mis en ligne le 29/09/2008
Les chefs de file du Congrès américain et l'administration Bush étaient en bonne voie, dimanche soir, de s'entendre sur le plan de sauvetage bancaire historique. Hier soir (heure de Bruxelles), l'un des principaux négociateurs républicains du plan, Judd Gregg, faisait en effet état d'un accord, précisant qu'il serait soumis ce lundi aux deux chambres. "Je pense que c'est un bon résultat", a-t-il déclaré au terme de plusieurs heures de négociations avec l'administration Bush. "J'espère que la Chambre des représentants pourra voter demain (NdlR : comprendre lundi) et que le Sénat votera demain", a-t-il ajouté.
Tôt dimanche, les leaders démocrates du Congrès et le secrétaire au Trésor, Henry Paulson (à l'origine du plan), avaient annoncé des "progrès importants" vers une signature du plan qui prévoit le déblocage de 700 milliards de dollars pour racheter les créances douteuses des banques américaines. L'administration Bush, qui se bat depuis plusieurs jours pour arracher un accord au Congrès, espérait bien une fumée blanche avant l'ouverture, ce lundi, des principales places financières, avec l'espoir de calmer enfin les marchés et de stabiliser le système financier.
L'administration républicaine a dû affronter des réticences venant de son propre camp, assez hostile à une intervention sans précédent de l'Etat dans le secteur privé. Le candidat républicain à la Maison Blanche, John McCain, a toutefois dû se résigner à déclarer que les "grandes lignes (du plan montrent) que c'est quelque chose que nous allons tous devoir avaler et avec lequel nous allons pouvoir avancer. Mais l'option de ne rien faire n'est tout simplement pas acceptable". Quant à son rival démocrate Barack Obama, il a déploré le prix à payer par le contribuable. "Quand on demande aux contribuables de prendre des mesures extraordinaires à cause de l'irresponsabilité de certains, il n'y a pas de quoi se féliciter. Mais ces mesures sont nécessaires", a-t-il concédé.
Les grandes lignes du plan
Selon des indications données par le bureau de la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, la manne des 700 milliards de dollars serait versée en plusieurs fois au Trésor et des organes de surveillance et d'évaluation seraient mis en place. Des dispositions accorderaient aux contribuables des parts dans le capital d'institutions financières auxquelles l'Etat rachète des actifs invendables. Ces actifs, au fil du temps, pourraient reprendre de la valeur. Le gouvernement serait tenu d'assouplir les modalités des prêts qu'ils rachètent pour soulager les emprunteurs propriétaires de maisons qui sont au bord de la saisie. D'autres institutions que les grandes banques de Wall Street, telles des collectivités locales, des fonds de pension, des petites banques commerciales, pourront aussi profiter de l'offre du gouvernement de racheter les créances douteuses. Enfin, le plan mettrait le holà aux "parachutes dorés", selon Nancy Pelosi, évoquant un plafonnement des compensations financières aux dirigeants des banques en difficulté.
"Nous faisons face à une dislocation financière potentielle sur le marché du crédit [...] et notre but est de retirer du bilan des banques des actifs ou des dettes qui ne peuvent pas être valorisés", répétait hier soir le sénateur Gregg, peu après l'annonce de l'accord. Il s'est dit confiant que le Trésor américain sera capable, avec cette manne qui sera déboursée en plusieurs fois, de "stabiliser les marchés". Il a expliqué que l'Etat allait racheter les actifs douteux des institutions bancaires "et commencerait à revendre ces titres quand le marché sera plus stable". "Peut-être perdra-t-on de l'argent, peut-être sera-t-on à l'équilibre, peut-être gagnerons-nous de l'argent", a-t-il supputé, alors que le processus prévoit que les contribuables puissent récupérer une partie de ces actifs s'ils prennent de la valeur.
Grogne chez les Républicains
Les Républicains auraient préféré un système d'assurance garantie par l'Etat plutôt qu'une intervention directe dans le secteur privé aux frais des contribuables. "On veut être sûr que Wall Street paye sa part", avait ainsi déclaré le leader de la minorité républicaine à la Chambre, John Boehner. Le sénateur Roy Blunt, chef des négociateurs pour les Républicains, avait averti pour sa part qu'il montrerait le projet de loi à son groupe parlementaire avant de se prononcer. Certains, comme Richard Shelby, membre important de la commission bancaire, ont tout simplement refusé de participer aux négociations parce qu'ils réfutent "les principes mêmes du plan". Réponse de la démocrate Nancy Pelosi : "En tout cas, une chose est sûre : on ne quitte pas la place tant qu'on n'a pas passé cette loi". Le Congrès devait interrompre normalement sa session vendredi jusqu'à la présidentielle du 4 novembre.
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