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Réactions du monde économique et politique
AFP et Belga
Mis en ligne le 29/09/2008
L'injection de capital décidée par les gouvernements belge, néerlandais et luxembourgeois répond aux incertitudes qui planent sur la solvabilité de Fortis, a déclaré dans la nuit de dimanche à lundi Filip Dierckx, le nouvel administrateur délégué du bancassureur. "Le problème se situe au niveau de nos activités bancaires. La reprise d'ABN Amro a suscité des interrogations quant à notre solvabilité. Mais grâce aux 11,2 milliards qui vont être injectés, cette question est résolue", a déclaré Filip Dierckx, qui a succédé vendredi soir à Herman Verwilst. "L'objectif principal était de restaurer la confiance. Les épargnants peuvent d'ailleurs être rassurés: nous sommes désormais la banque qui dispose de la meilleure assise capitalistique", a-t-il ajouté en affirmant par ailleurs que rien n'allait changer pour la branche "assurances" du groupe. Filip Dierckx est également revenu sur la cession des parts que le bancassureur détient dans ABN Amro. "Nous estimons que poursuivre l'intégration était aller trop loin dans les circonstances de marché actuelles. Mais à l'époque, c'était une bonne décision", s'est-il défendu.
"Il était essentiel pour tout le monde, et certainement pour les entreprises belges, que les dispositions nécessaires soient prises à temps. Fortis est une institution financière extrêmement importante pour notre pays et pour notre tissu économique", a réagi la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) dimanche soir. Un peu plus tôt, le gouvernement belge avait annoncé l'injection de 4,7 milliards d'euros dans le capital du bancassureur en difficulté, dont il détiendra 49 pc des parts. "La vigilance et l'esprit de décision dont ont fait preuve les gouvernements et les instances publiques concernés méritent d'être appréciés à leur juste valeur", a poursuivi la fédération patronale en appelant à "une remise au travail dans un climat serein". "Alors que des rumeurs gratuites et leur médiatisation ont peut-être contribué aux développements récents, il est temps à présent de confirmer aux citoyens et aux entrepreneurs que leur confiance est totalement fondée", a conclu la FEB.
Les quatre milliards d'euros investis par l'Etat néerlandais dans le bancassureur en difficulté Fortis ne sont "pas de l'argent perdu", a déclaré dimanche soir le ministre néerlandais des Finances Wouter Bos. "Ce n'est pas de l'argent perdu, en échange on récupère un droit de vote dans la banque, et de l'influence, c'est justement quelque chose que les épargnants et ménages apprécient maintenant que les temps s'annoncent incertains", a assuré Wouter Bos, interrogé à Bruxelles par la télévision néerlandaise. "Nous apportons de la sécurité aux gens, Fortis sera plus fort", a assuré le ministre néerlandais. "On est dans des conditions extrêmes, ce n'est pas une époque normale", a-t-il souligné. "C'est un signal fort que trois gouvernements sont prêts à épauler" une banque en difficulté, selon le ministre.
La décision prise par les gouvernements belge, néerlandais et luxembourgeois est "inévitable, incontournable et incontestable", a estimé la présidente du cdH Joëlle Milquet dans la nuit de dimanche à lundi. "Il s'agit de la décision collective des gouvernements des trois pays du Benelux, ce qui démontre à la fois la cohésion et l'approche partagée du type de décisions à prendre", a-t-elle par ailleurs souligné. "Il s'agit également d'une décision - rigoureuse et réfléchie - prise en totale intelligence avec la banque centrale européenne", a-t-elle ajouté. La mesure annoncée dimanche soir "démontre en outre la capacité du gouvernement à pouvoir agir à la fois vite, fort, collectivement et ce sans se lancer pour autant dans des risques inconsidérés ou des opérations excessives", a conclu Joëlle Milquet.
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