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Crise financière

Lundi noir à la Bourse de Bruxelles

PVC et Belga et AFP

Mis en ligne le 29/09/2008

En Europe, comme aux Etats-Unis, les banques font très pâle figure, c'est le moins que l'on puisse écrire.

A New York, le titre Citigroupe est en légère hausse à l'ouverture des marchés américains grâce à la nouvelle de la reprise pour un dollar l'aaction de la banque Wachovia qui cotait encore 10 dollars vendredi.

En Europe, l'indice Eurostoxx finit sur un repli de 4 pour-cent également en raison de la chute des financières, avc notamment ING qui perd 18 pour-cent à 14 euros 34. Chez nous à Bruxelles, le BEL 20 perd 7,98 pour-cent à 2.589 points. Et chez nous aussi, le marché lâche les banques.

Fortis qui avait rebondi de 15 pour-cent à l'ouverture reperd 23,7 pour-cent à 3 euros 9670.

Dexia a plongé de 29,7 pour-cent à 7 euros 07, dans l'attente d'une déclaration sur une augmentation de capital. KBC recule de 11 pour-cent et demi à 57 euros 395. Inutile de souligner que cette situation est exceptionnelle. C'est du jamais vu chez nous.

Toutes les mesures semblent inefficaces

Le sauvetage de Fortis, une nouvelle victime bancaire aux Etats-Unis, une faillite évitée en Allemagne, la discussion du plan de sauvetage américain et une nouvelle injection par la BCE de 120 milliards sur les marchés ne donnaient aucun résultat sur les places financières qui subissaient toutes un scenario catastrophe.

Amsterdam et Bruxelles étaient parmi les plus touchées avec une chute de 7,98 pc du BEL 20 à 2.589,47 points, quelque 37,2 pc plus bas qu'au début de l'année.

Rebondissant de 15 pc à l'ouverture, Fortis (3,97) devait conclure 23,71 pc plus bas que vendredi alors que Dexia (7,07) se trouvait amputée de 29,65 pc. KBC (57,40) ne résistait guère mieux à la contagion en chutant de 11,50 pc alors qu'on relevait par ailleurs des décotes de 15,72 pc en Agfa-Gevaert (4,05), de 7,57 et 8,13 pc en Nyrstar (4,10) et Umicore (19,71), de 9,62 pc en Brederode (17,00).

Solvay (83,28) et Arseus (7,51) plongeaient de 6,3 et 6 pc ; UCB (23,81) et Omega Pharma (29,63) de 3,8 et 5 pc ; la grande distribution voyant Colruyt (171,35) et Delhaize (40,00) chuter de 3,2 et 4,9 pc. Belgacom (26,11) et Mobistar (50,26) se dépréciaient de même de 3,5 et 2,2 pc tandis que Option (2,61) et Telenet (14,14) se trouvaient allégées de 2,9 et 4,5 pc. La CMB (27,76) et Exmar (15,60) valaient 7 et 3,7 pc de moins que vendredi alors que Euronav (19,90) chutait de 4,8 pc. Bekaert (91,00) ne perdait finalement que 1,3 pc alors que D'Ieteren (156,87) repassait de justesse de 0,5 pc dans le vert. CFE (58,00) plongeait quant à elle de 7,4 pc.

Barco (29,37) était négative de 6,1 pc ; un écart présent en Systemat (5,25) avant que celle-ci ne repasse de 9,4 pc dans le vert. Econocom (7,35) reculait enfin de 4,3 pc et Quest For Growth (4,75) de 9,5 pc tandis que Metris (5,40) portait sa perte à 10,9 pc.

Fortis était en tête au rang des échanges avec 38.511.406 titres traités pour quelque 153 millions d'euros. Dexia (18.998.879 titres et 134 millions) et InBev (1.503.908 titres et 62 millions) venaient ensuite, précédant elles-mêmes KBC et Mobistar qui se réservaient des parts de quelque 55 et 39 millions d'euros.

Vers 16h30, l'euro s'inscrivait à 1,4450 USD, contre 1,4365 dans la matinée et 1,4612 vendredi dernier. L'once d'or progressait de 1,20 dollar à 894,05 dollars et le lingot se négociait autour de 19.890 euros, en progrès de 250 euros.

Les Etats européens au secours de leurs banques

Le géant belgo-néerlandais de la banque et de l'assurance Fortis se disait confiant lundi après le plan de sauvetage annoncé la veille par les trois gouvernements du Benelux, qui ont décidé d'injecter 11,2 milliards d'euros pour empêcher l'établissement d'être emporté à son tour par la crise financière.

Par ailleurs, la liste des victimes ne cesse de s'allonger en Europe, touchant désormais des établissements spécialisés dans le crédit immobilier : les autorités allemandes sont venues soutenir la banque Hypo, tandis que Londres a nationalisé Bradford & Bingley.

Au terme du plan de sauvetage de Fortis, décidé en concertation avec la Banque centrale européenne européenne (BCE), les gouvernements du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) ont expliqué avoir pris une participation de 49% dans le capital de la banque, premier établissement bancaire et principal employeur privé de Belgique.

En échange, Fortis sera contrainte de céder sa participation dans la banque néerlandaise ABN Amro, dont elle avait acquis l'an dernier, pour 24 milliards d'euros, une partie des activités. Cette opération a marqué le début des problèmes de Fortis, qui n'a pas pu en boucler le financement.

Egalement fragilisée par l'actuelle crise financière, Fortis a chuté en bourse sur des rumeurs croissantes de faillite. Le titre a perdu plus de 20% vendredi, son plus mauvais cours depuis 15 ans. Il a perdu au cours de l'année écoulée plus de 75% de sa valeur.

Après l'annonce du plan de sauvetage, le titre a brièvement remonté à la bourse d'Amsterdam lundi matin, avant de clôturer en baisse de 24% à 3,96 euros -moins d'une cinquième de sa valeur avant l'opération ABN Amro. Le PDG Filip Dierckx a cependant souligné lundi au cours d'une conférence de presse à Bruxelles que la banque était solvable.

Il n'a fourni aucun calendrier pour la revente de sa participation dans le capital d'ABN Amro "Si l'on regarde les décisions qui ont été prises par le passé, on peut probablement dire qu'elles ont été prises au mauvais moment. Si vous voulez me faire dire que certaines des décisions n'ont pas été parmi les meilleurs, je le confirme effectivement", a-t-il lancé.

Selon le plan de sauvetage, la Belgique va investir 4,7 milliards d'euros, les Pays-Bas quatre milliards et le Luxembourg 2,5 milliards.

Chaque pays recevra une participation de 49% dans le capital de la nouvelle entité, qui est ainsi partiellement nationalisée. Fortis, qui dispose d'un double siège à Bruxelles et Utrecht (Pays-Bas), emploie 62.000 personnes dans le monde.

La crise financière qui a éclaté il y un peu plus d'un an dans le secteur des crédits hypothécaires à risque ("subprimes") "a eu certainement un impact sur le secteur financier dans le reste du monde", a noté Nout Wellink, directeur de la banque centrale néerlandaise. "En raison des rumeurs, Fortis s'est retrouvée dans une position particulière", a-t-il ajouté.

Une sorte d'effet domino, qui touche également des établissements ailleurs en Europe. En Grande-Bretagne, le gouvernement a ainsi confirmé lundi la nationalisation de Bradford & Bingley (prêt hypothécaire), précisant qu'il allait reprendre en compte 50 milliards de crédits à risque. "Nous sommes derrière le système pour le stabiliser, parce que laisser Bradford & Bingley s'effondrer aurait déstabilisé l'ensemble du système, en particulier étant donné ce qui se passe dans le monde actuellement", a commenté le ministre des Finances Alistair Darling.

Une partie des activités de la banque a été vendue au groupe espagnol Santander. La nationalisation de Bradford & Bingley fait suite à celle de la banque Northern Rock en février dernier, et intervient après le rachat récent de HBOS par sa rivale Lloyds TSB, opération facilitée par les pouvoirs publics britanniques.

En Allemagne, la banque Hypo, au bord de la faillite, est devenue lundi la première grande entreprise cotée à la bourse de Francfort a solliciter de l'aide. Selon un communiqué de la banque, "un consortium du secteur financier allemand a fourni à Hypo Real Estate (...) un crédit à court et moyen terme de plusieurs milliards d'euros, suffisant pour couvrir les besoins de financement du groupe".

La banque centrale et les pouvoirs publics allemands ont annoncé leur soutien à cette opération, dont le montant -non-précisé- est estimé par certains analystes entre 25 et 30 milliards d'euros.

Après Fortis, c'est la santé financière de la banque franco-belge Dexia qui faisait lundi l'objet d'inquiétudes. Le titre a été chahuté en bourse, perdant dans l'après-midi à Paris près de 30%, après des rumeurs d'augmentation de capital liées aux difficultés d'une filiale américaine, le rehausseur de crédit FSA.

Le chef du gouvernement belge, Yves Leterme, s'est voulu rassurant, garantissant "aux épargnants que leur argent est entre de bonnes mains". M. Leterme s'est refusé à préciser si le gouvernement belge envisageait d'intervenir pour venir en aide à la banque spécialisée dans le financement des collectivités locales, sans cependant l'exclure.

Si nécessaire, "nous prendrons également, dans le cas de Dexia, toutes nos responsabilités", a-t-il dit. La ministre française de l'Economie Christine Lagarde a de son côté déclaré lundi qu'en tant qu'actionnaire, la Caisse des dépôts et consignations prendrait "ses responsabilités". Les principales places financières européennes n'en ont pas moins clôturé en forte baisse.

L'indice FTSE 100 de la Bourse de Londres a plongé de 5,3%, terminant à 4.818,77 points, son cours de clôture le plus bas depuis avril 2005. A Paris, le CAC-40 est passé sous la barre des 4.000 points, à 3.953,48, en recul de 5,04%. A Francfort, l'indice DAX a cédé 4,23% à 5.807,08 points.

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