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Crise financière
Les Bourses mondiales plongent, les taux interbancaires s'envolent
AFP
Mis en ligne le 29/09/2008
Les Bourses mondiales ont plongé lundi entraînées par les difficultés croissantes rencontrées par des établissements financiers aux Etats-Unis et en Europe alors que les taux interbancaires s'envolaient, signe de l'extrême méfiance qui règne parmi les banques.
A la clôture, la Bourse de Londres a chuté de 5,30%, Francfort 4,23%, Paris 5,04%. La chute était particulièrement accentuée à Amsterdam qui chutait de 8,75% et à Bruxelles de 7,98% en raison de la dégringolade du titre du groupe financier belgo-néerlandais Fortis.
A Wall Street, le principal indice de la Bourse de New York, le DJIA reculait de 2,50% vers 17h20 GMT.
Sur les autres places européennes, le bilan n'était guère meilleur, voire pire. Dublin dégringolait de 13,03%, Luxembourg de 10,56%, Oslo de 8,71%, Vienne de 8,05%, Stockholm chutait de 5,73%, Copenhague de 5,30%, Helsinki de 5,09%, Milan de 4,98%, Zurich de 4,63%, Madrid de 3,88%. L'indice européen Eurostoxx 50 a abandonné 4,70%, portant son recul depuis le début de l'année à 31,63%.
A Moscou, l'indice boursier Micex reculait de 5,50% et le RTS, coté en dollars, de 7,11%. Le taux interbancaire à trois mois offert à Londres et exprimé en dollars (Libor), montait lundi à 3,8825% contre 3,7618% vendredi, accentuant sa violente hausse de la semaine dernière.
Cette forte hausse trahit la réticence des établissements financiers à se prêter de l'argent et renchérit d'autant l'accès au crédit des banques qui ont besoin de liquidités.
Face à cette contraction, les banques centrales ont de nouveau intensifié leurs opérations pour apporter des liquidités sur le marché et soulager les banques.
La Réserve fédérale américaine a annoncé lundi qu'elle augmentait de 330 milliards de dollars les lignes de crédit qu'elle accorde aux autres banques centrales pour leur permettre de faire des prêts en dollars, pour les porter au total à 620 milliards de dollars.
Ces accords de "swap" concernent la Banque centrale européenne (BCE), la Banque d'Angleterre, la Banque du Canada, la Banque du Japon, ainsi que les banques centrales de la Suisse, de la Norvège, de la Suède, du Danemark et de l'Australie.
Même l'accord trouvé au Congrès américain sur un plan de sauvetage des banques ne parvenait pas à calmer les inquiétudes.
"L'aversion au risque est totale, parce que le marché interbancaire ne fonctionne pas. Toutes les banques qui avaient consenti des crédits à long terme se retrouvent asphyxiées. Or le crédit est la courroie de transmission de la crise financière à l'économie: tant qu'on n'aura pas retrouvé de confiance sur le secteur bancaire, il est trop tôt pour revenir sur les actions", soulignait un opérateur parisien.
L'Euribor à trois mois, l'un des principaux taux de référence du marché monétaire de la zone euro, a aussi nettement augmenté à 5,237% contre 5,142%. Signe du niveau exceptionnel de stress sur ce marché, il n'avait pas dépassé les 5% entre la fin 2000 et la mi-septembre 2008.
Les bons du Trésor américain, traditionnel refuge pour les investisseurs en quête de placements sûrs, continuaient de leur côté à profiter de cette crise de confiance: leur niveau à trois mois reculait à 0,67%, contre 0,84% vendredi. Ces rendements évoluent à l'inverse du prix.
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