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crise financière

Crise bancaire : Wall Street prend l'eau

Patrick Van Campenhout

Mis en ligne le 30/09/2008

Le titre Glitnir accusait une chute de 68,47% à 4,95 couronnes islandaises à la Bourse de Reykjavik, mardi à 10H22 GMT, dans un marché en baisse de 12,68% malgré l'annonce la veille par le gouvernement islandais de la nationalisation de la 3e banque du pays nordique.

La Bourse de New York a lourdement chuté lundi après le rejet par la Chambre des Représentants du plan Paulson de sauvetage des banques (voir en page 9). L'indice Standard&Poor's 500 a chuté en clôture de 8,79 pc à 1.11,68 points, soit sa plus forte baisse quotidienne depuis octobre 1987, lors du krach boursier qui avait laissé Wall Street au tapis. L'indice Dow Jones a pour sa part reculé de 6,98 pc à 10394,92 points, sa plus forte baisse en 7 ans, à en croire les observateurs de l'agence Bloomberg à New York. Le Nasdaq a été le plus affecté par cette pénible séance boursière : il a reculé de 9,14 pc à 1983,73 points. Des évolutions divergentes liées à la présence dans ces indices de valeurs sectorielles plus ou moins affectées par la déprime du secteur financier. Les banques ont évidemment été les plus touchées, suivies par les valeurs technologiques américaines reprises essentiellement cotées sur le Nasdaq. Ici, la crise bancaire fait craindre un ralentissement économique sévère qui affecterait en premier lieu les valeurs d'équipements technologiques.

Dans ce marché très déprimé, la Réserve fédérale a été forcée de rouler des mécaniques en solo pour tenter d'apaiser les craintes des opérateurs. Elle l'a fait en doublant le montant des liquidités mises à disposition des banques américaines à 620 milliards de dollars. Un geste technique et... psychologique destiné à rappeler l'attention soutenue dont fait l'objet le secteur des banques dans l'attente de l'adoption du plan de sauvetage. On notera que le délai dans la mise en place de l'enveloppe destinée au rachat d'actifs bancaires par le gouvernement a causé une nouvelle victime dans les rangs des financières puisque la banque Wachovia a finalement été absorbée par Citigroup. Les autorités américaines ont annoncé cette opération qui signe la disparition de la quatrième banque du pays par les actifs, sur base du risque potentiel d'une banqueroute de cette dernière sur la stabilité financière des Etats-Unis. Citigroup va devoir digérer un total de 42 milliards de dollars de pertes sur le portefeuille de Wachovia, tandis que les autorités fédérales se porteront fortes pour un total potentiel de quelque 312 milliards de dollars de prêts consentis par la banque. En Bourse, le titre Wachovia a perdu 81,60 pc à 1,84 dollar... Citigroup pour sa part, qui était parvenue à rester dans le vert en séance, a terminé en repli de 11,91 pc à 17,75 dollars. Une différence de 20 pc entre son plus haut du jour et la clôture, liée ici au rejet du plan Paulson, bien entendu. Les autres bancaires de premier plan ont suivi le mouvement. America Express reculant de 6,95 pc, JP Morgan de 7,25 pc,

Toutes les composantes de l'indice Dow Jones ont fini dans le rouge au terme de cette séance où l'on a craint un dérapage des opérateurs. Même les valeurs industrielles considérées comme un rempart boursier contre la crise financière ont chuté. Ainsi, Alcoa a terminé en repli de 9,18 pc. Le titre du producteur d'aluminium a clôturé à 21,38 dollars. Les pétrolières ont pour leur part payé la note du repli impressionnant du baril de brut qui a baissé de plus de 10 pc en quelques minutes en se rapprochant à nouveau de la barre des 90 dollars (selon les qualités) sur les marchés à terme. Enfin General Electric, le pilier des portefeuilles américains, a perdu 8,51 pc à 23,10 dollars. Le groupe diversifié paie ici son exposition au secteur financier puisqu'il compte aussi des filiales actives dans le secteur du crédit.

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