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crise financière

Un effet de contagion

P.V.C.

Mis en ligne le 30/09/2008

La ministre française de l'Economie Christine Lagarde sera auditionnée à huis clos ce mardi à 14h30 par la commission des Finances de l'Assemblée nationale sur le plan de sauvetage du bancassureur franco-belge Dexia, a-t-on appris de source parlementaire.

S'il fallait d'autres déroutes boursières pour que l'opinion publique comprenne que la crise financière qui a fait trébucher Fortis ne se limite pas en Europe à notre ex-vedette des guichets, on n'en a pas été privés lundi à la reprise des affaires courantes.

Après un week-end de gestion de crise menée par le gouvernement belge avec des représentants des gouvernements voisins, et des huiles de la BCE, et après le sauvetage de Fortis par le biais d'une "sorte" de nationalisation tripartite de la banque qui est imbriquée dans le tissu économique du Benelux, on rêvait d'une pause, et même d'un rallye des actions Fortis en Bourse. Partie remise, apparemment. Hier, l'action Fortis a piqué du nez pour terminer la journée sur une chute de 23,71 pc à 3,97 euros. Mais cette fois, elle a été dépassée à la baisse par le titre du groupe franco-belge Dexia. On soupçonnait, ici, l'annonce imminente d'une augmentation de capital révélée par le "Figaro". Comme d'autres acteurs du monde bancaire l'on fait récemment, le groupe financier réputé pour une communication proactive depuis le début de la crise du subprime ne s'est pas étendu sur la question. En début de journée, il a réfuté tout problème de liquidité et refusé de confirmer les informations de presse. Un conseil d'administration était toutefois convoqué lundi à 18 heures. En attendant une communication plus rassurante, le titre Dexia a passé la journée à évoluer 30 pc sous son cours de vendredi, pour terminer à 7,07 euros, en baisse de 29,65 pc. Une catastrophe pour les actionnaires.

En outre, comme ce fut aussi le cas pour Fortis vendredi, avec l'intervention musclée de Didier Reynders assurant les clients de Fortis du soutien du gouvernement belge, la ministre française de l'Economie Christine Lagarde y est allée de sa déclaration à propos du groupe franco-belge. "La Caisse des dépôts (11 pc du capital de Dexia), bras financier de l'Etat français, prendra ses responsabilités en tant qu'actionnaire" de Dexia, a-t-elle déclaré. "Je suis en contact étroit avec mes collègues belges", a-t-elle encore ajouté. Inquiétant ? Evidemment. D'autant plus que Didier Reynders se disait prêt, dans la foulée, à apporter son aide à Dexia. Pendant ce temps, on apprenait que la banque danoise Roskilde Bank, en faillite à la suite de la crise financière internationale, mise sous tutelle par la banque nationale, était rachetée par trois instituts financiers danois. Le gouvernement islandais a lui aussi volé au secours de la troisième banque du pays, Glitnir, qu'il a nationalisée lundi à 75 pc, une mesure présentée comme provisoire pour aider un secteur vital pour l'économie de l'île nordique. "Le gouvernement, via la Banque centrale d'Islande, fournira 600 millions d'euros (84 milliards de couronnes islandaises) à Glitnir et détiendra 75 pc des actions de Glitnir", a annoncé le bureau du Premier ministre dans un communiqué. Cette mesure est destinée à aider la banque confrontée à "des difficultés temporaires de liquidités" dans un contexte de crise financière internationale, explique-t-il. Un discours qui aurait une fâcheuse tendance à se banaliser... En Allemagne, la banque Hypo Real Estate a pour sa part décroché in extremis une ligne de crédit auprès d'un consortium de banques allemandes, lui permettant d'éviter la faillite.

Aux Etats-Unis, la quatrième banque américaine, Wachovia, a été aussi rayée de la carte lundi, rachetée par Citigroup sur intervention de l'administration Bush. Enfin, toutes les banques centrales importantes ont allongé des liquidités pour tenter d'enrayer la crise qui s'amplifie.

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