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crise bancaire
Richard, l'homme des achats coûteux
AvC
Mis en ligne le 01/10/2008
Le Français Pierre Richard, aujourd'hui âgé de 67 ans, était le président du conseil d'administration de Dexia depuis 2006. Avant cela, il avait été président du comité de direction. Cela a certainement dû lui faire un pincement au cœur de proposer sa démission hier.
Lui qui a été, avec François Narmon, le père fondateur du groupe Dexia né en 1996 de l'alliance entre le Crédit communal et le Crédit local de France (CLF).
Entre lui et François Narmon, le courant a toujours eu l'air de bien passer. Tous les deux ont voulu faire de Dexia une institution de taille européenne. C'est ainsi que la "banque des communes" s'est mariée avec son alter ego français et s'est muée au fil des ans en une banque aux activités diversifiées.
Polytechnicien de formation, fils de militaire et petit-fils de paysans, Pierre Richard a tout de l'homme austère. Il nous avait raconté il y a plusieurs années déjà qu'il avait vécu selon le principe cher aux familles simples : "Qui travaille, réussit."
Et c'est vrai qu'il n'arrête pas de travailler. Une de ses obsessions c'est de faire grandir Dexia. Il achète donc tous azimuts. Il achète notamment la banque néerlandaise Labouchere, qui s'avère un désastre financier à cause de la vente de produits contestés sous le label Legio Lease. C'est aussi lui qui pousse la fusion entre Dexia et Bacob. C'est encore sous son règne que Dexia rachète la fameuse compagnie américaine FSA, spécialisée dans le rehaussement de crédit (lire par ailleurs) et qui est à l'origine de tous les problèmes actuels de Dexia.
C'est toujours lui qui aurait voulu marier Dexia à la banque italienne San Paolo. Et il s'y est mal pris. On a raconté qu'il était allé très loin dans les discussions sans avoir le soutien des actionnaires belges de référence (Holding communal, Arco et Ethias).
Cette maladresse n'a pas facilité les relations entre les Français et les Belges. Mais malgré cet épisode malheureux, il est resté en place. Cela faisait partie de l'équilibre franco-belge, lui qui est bien introduit auprès du holding public français CDC. D'ailleurs, une autre de ses préoccupations aura été de veiller à augmenter le poids des Français dans l'actionnariat de Dexia.
Il se disait aussi que, sous des dehors aimables, ses relations avec Axel Miller étaient parfois tendues. Les deux hommes ne semblaient pas toujours sur la même longueur d'onde.
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