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crise bancaire

Dexia : signes de confiance

Ariane van Caloen

Mis en ligne le 01/10/2008

L'augmentation de capital de 6,4 milliards d'euros semble être bien accueillie par les marchés. Elle entraîne la démission du président et du CEO, Pierre Richard et Axel Miller. La part des Français dans le capital augmente.

Dans les salles de marché, les avis semblaient unanimes hier pour saluer l'augmentation de capital de Dexia négociée au plus haut niveau jusqu'aux petites heures du matin. "C'est une opération très bien structurée. C'était le prix à payer pour rétablir une certaine confiance. Le gouvernement a fait un job super", commentait Bertrand Veraghaenne, analyste chez Petercam Asset management.

Dexia va lever 6,4 milliards d'euros auprès des gouvernements belges, français et luxembourgeois, ainsi qu'auprès de ses actionnaires existants. Les Belges vont investir 3 milliards (dont 1 milliard pour le gouvernement fédéral et 1 milliard pour les trois Régions). Le gouvernement français et son holding CDC mettent sur la table 3 milliards, ce qui leur permet de monter en puissance avec une minorité de blocage de 25 pc. Les Luxembourgeois déboursent 375 millions. "Nous avons sauvé Fortis et Dexia, mais au-delà, c'est l'ensemble du système financier qui est consolidé par cette action concertée des trois gouvernements", a estimé le ministre luxembourgeois du Budget, Luc Frieden.

L'augmentation de capital se fait à 9,90 euros, soit à un prix égal à la moyenne des cours de clôture de l'action Dexia. En clair, elle se fait à un prix largement supérieur au dernier cours de bourse. Une décision qui a contribué à la remontée de l'action hier (+ 6 pc à 7,50 euros).

Cette opération ne se fera toutefois pas sans dégâts d'un point de vue humain. Tant le président que l'administrateur délégué du groupe, le Français Pierre Richard et le Belge Axel Miller, ont proposé leur démission qui a été acceptée par le conseil d'administration sous la pression, raconte-t-on, des administrateurs français.

"Ce n'est pas anormal de remettre son mandat à disposition. C'est une façon d'envoyer le signal que les banquiers savent prendre leurs responsabilités", a expliqué Axel Miller lors de la conférence de presse téléphonique. Une manière de faire comprendre qu'il ne se sent pas entièrement responsable des difficultés rencontrées par Dexia. Il a d'ailleurs eu droit hier aux applaudissements du personnel.

Il s'est aussi expliqué sur les raisons de cette augmentation de capital précipitée alors qu'il l'excluait il y a un mois. "La donne a changé à la suite de faillites bancaires successives dont celles de Lehman Brothers et Washington Mutual", a-t-il dit. Les difficultés rencontrées par Fortis ne sont donc pas "la cause unique. Il y a eu un ensemble de facteurs. Pendant le week-end, on a appris le défaut d'une banque irlandaise", a-t-il précisé. A l'entendre, la situation sur les marchés s'est dégradée à toute allure. Le Premier ministre Yves Leterme a même parlé d' "ouragan" au Parlement.

Prime de départ

Pierre Richard et Axel Miller assureront l'intérim le temps qu'il faudra pour trouver des successeurs. "Il n'y a pas encore de noms qui circulent", nous a affirmé Marc Tinant, administrateur de Dexia en tant que représentant d'Arco, un des actionnaires de référence. Si l'on se base sur ce qui est écrit dans le rapport annuel, Axel Miller aurait droit à une prime de départ de 3,6 millions d'euros. Toutefois, le conseil n'aurait pas discuté du sujet. Interrogé à la VRT, Axel Miller a éludé la question.

Dexia a aussi annoncé hier des mesures destinées à soutenir sa filiale américaine FSA (lire page 9) qui est au cœur de la crise du subprime. Cela comprend des injections de capital qui ne "dépasseront en aucun cas 500 millions de dollars".

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