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crise bancaire

7 h du mat' : allô Nicolas ?

V.d.W.

Mis en ligne le 01/10/2008

Récit de la nuit où Dexia a été sauvée. Etat belge, Régions et actionnaires se sont réparti l'effort. La France devait aussi participer au sauvetage d'autant que les problèmes venaient de la filiale américaine du Crédit local de France.

Quinze heures au 16. L'heure est grave. Bis. Yves Leterme et Didier Reynders ont convoqué les ministres régionaux en charge des Finances et du Budget. Objectif : le sauvetage de Dexia. Charles Picqué, Guy Vanhengel, Benoît Cerexhe sont là pour Bruxelles face à Jean-Claude Marcourt pour la Région wallonne et Frank Vandenbroucke, Dirk Van Mechelen et Steven Vanackere pour la Flandre. Dans la salle "Verhoftadt", cette magnifique salle ultra design où se tient chaque semaine le conseil des ministres, ils rejoignent les experts : Peter Praet (Banque Nationale), Jean-Paul Servais (Com. bancaire) et quelques autres collaborateurs. Echange d'idées : la situation est confuse. Dexia continue à générer tous les jours un cash que beaucoup d'entreprises aimeraient avoir. Mais voilà. Le cours de bourse s'effondre et la liquidité est inquiétante, car Dexia voit ses partenaires couper les lignes de crédit. "On est dans un système de fous", résume un participant. Mais étant donné que, pour Fortis, tout s'était écroulé en 24 heures, il vaut mieux prendre les devant pour Dexia. Il faut donc prendre une décision avant la réouverture des marchés mardi matin. Il ne reste qu'une nuit.

Le gouvernement fédéral joue franc jeu et demande aux Régions d'intervenir significativement. Après les 4,7 milliards pour Fortis, il n'est plus possible, pour lui, d'allonger un tel montant. Chacun accepte de jouer globalement dans ses enveloppes respectives tout en sachant que la Flandre a des moyens plus importants que les deux autres Régions.

19 h 45 : Leterme convoque un kern.

21 h 45 : nouvelle réunion entre les représentants du gouvernement fédéral, des Régions et des actionnaires belges : Ethias, Arco et holding communal. Yves Leterme dirige la réunion. "C'est lui le pilote. On le sent dans son élément, tout comme Didier Reynders." Yves Leterme a un mandat du kern pour aboutir. Reste une dizaine d'heures pour trouver la solution. Régime sec : rien à manger, quelques boissons. Chacun explique la difficulté de mobiliser plusieurs centaines de millions mais consent quand même à le faire. Les Français ne sont pas là, mais le contact téléphonique est permanent. Au milieu de la nuit, les Belges (le fédéral et les Régions) sont d'accord pour 3 milliards. Les Luxembourgeois aussi pour 375 millions. Restent les Français, qui se révèlent assez arrogants. Les Belges estiment que c'est bien la société américaine, la FSA, filiale du Crédit local de France, qui a généré le risque et la spéculation, puisqu'elle a assuré des titres adossés à des crédits immobiliers américains. La négociation franco-belge est ardue. A Paris, Nicolas Sarkozy réunit un comité de crise à 5 heures du matin. Vers 7 heures et quart, Yves Leterme appelle le président français qui accepte finalement d'injecter 3 milliards. L'accord est bouclé peu avant 8 heures. La bourse de Bruxelles peut ouvrir à 9 heures.

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