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crise bancaire

Belle unanimité des élus

V.d.W.

Mis en ligne le 01/10/2008

Députés de la majorité et de l'opposition saluent la rapidité de réaction du gouvernement. Des questions demeurent toutefois. Sur l'efficacité du contrôle et sur le maintien de parachutes très dorés.

Il est 10 heures 03 ce mardi matin. Didier Reynders et Yves Leterme pénètrent dans la salle européenne où l'attendent les députés membres de la commission des Finances de la Chambre. Ils sont blancs, livides, les yeux rougis par le manque de sommeil de ces trois derniers jours. Juste eu le temps de se raser et de se rafraîchir. Mais pas mécontents, cela se voit, de faire face à des élus avec, sous le bras, les dossiers de Fortis et Dexia qu'ils ont sauvés d'une faillite certaine.

Comme le dira le Premier ministre : "Il fallait agir vite. C'était une question non pas d'heures mais de minutes. Nous avons fait venir Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne et Christine Lagarde, la ministre française des Finances, présidente en exercice de l'Ecofin. Et nous leur avons dit : nous allons d'abord agir et après nous verrons si nos décisions sont conformes aux règles européennes".

Sur ce plan-là, il y a eu une quasi-unanimité parmi les députés de la majorité et de l'opposition, pour rendre hommage à l'action rapide, efficace et judicieuse du gouvernement belge, une action que le ministre des Finances a pris la peine de détailler dans les moindres détails, répondant ainsi par avance aux questions nombreuses des députés.

L'heure, on l'a dit, était plutôt à l'unité dans la majorité. Après les critiques, lundi, lancées par le président du PS, Guy Coëme s'est montré nettement plus tendre et a salué l'action du gouvernement face à ce qu'il a appelé l'attaque de piraterie dont a été victime Dexia. Il a remercié l'exécutif d'avoir placé au premier rang de ses préoccupations les épargnants mais aussi les travailleurs de Fortis et de Dexia. Dans la majorité toujours, François-Xavier de Donnea s'inquiétait quant à lui du sort, non seulement du petit épargnant mais aussi du grand épargnant : "Un homme ruiné est un homme ruiné".

Même s'il a salué l'action rapide du gouvernement, Jean-Marc Nollet, s'est montré comme à son habitude plus sceptique, persuadé qu'il est, que le gouvernement savait depuis 15 jours au moins que Fortis connaissait de grands problèmes de trésorerie. Pour lui, cet épisode est la preuve flagrante que le système capitaliste actuel, qui échappe désormais à toute règle, est incapable de s'autoréguler. Il importe donc, dit-il, d'établir des règles belges, européennes et internationales de contrôle bien plus strictes.

S'il fallait trouver un élément commun à tous les sentiments exprimés par la majorité et l'opposition, c'est bien l'étonnement, l'écœurement face aux montants astronomiques offerts aux grands patrons de la finance, patrons qui semblent aujourd'hui responsables de la déroute de leurs institutions. "S'ils avaient un peu d'honneur, ils devraient y renoncer en partie" a martelé François-Xavier de Donnea. "Je ne comprends pas la raison d'exister de ces mécanismes" a précisé le ministre des Finances. Reste cette question : combien le sauvetage des deux banques coûtera-il aux contribuables belges ? 476 euros par citoyen comme l'affirmaient certains ?

Pas du tout. Si Didier Reynders a bien reconnu que les opérations comportaient une part de risque, elles n'auront que peu d'impact sur le contribuable belge. Dans un premier temps, ces montants viendront alourdir la dette. Mais en échange, l'Etat hérite d'un actif qui, on ne sait jamais, pourrait bien un jour rapporter de l'argent.

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