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Édito

La triste histoire de Fortis

Mis en ligne le 04/10/2008

Par Ariane van Caloen

Voilà, c'est fini. Le groupe Fortis, celui qui avait des ambitions d'être dans le top 20 de la finance, d'être à la conquête du monde, n'est plus. Il a vendu hier ses actifs aux Pays-Bas à l'Etat néerlandais pour 16,8 milliards d'euros. Il a renoncé à la participation dans ABN Amro qu'il avait pourtant rachetée avec fierté il y a un an.

Fortis revient en fait presque à ce qu'il était il y a une dizaine d'années : c'est-à-dire la Générale de Banque, la CGER, une compagnie d'assurance et quelques activités à l'étranger.

Ce qui est incroyable dans cette triste histoire c'est la vitesse à laquelle Fortis a chuté. Comme on sait, il n'en serait pas là aujourd'hui s'il ne s'était pas lancé dans le très coûteux rachat d'ABN Amro. Officialisé fin mai 2007, ce rachat se sera fait au pire moment, c'est-à-dire juste avant l'éclatement de la crise du "subprime" (crédit à risque).

C'est vrai que personne ne pouvait prévoir à quel point la situation allait se détériorer sur le marché interbancaire surtout depuis la faillite de Lehman Brothers. Il n'empêche, des signes inquiétants étaient déjà apparus début 2007. On ne peut pas imaginer que les responsables de Fortis n'aient rien vu venir. A moins que les soifs de conquêtes soient à ce point aveuglantes... Et le plus incroyable c'est qu'ils ont continué à envoyer des messages excessivement optimistes. Il faudra donc un jour ou l'autre que les administrateurs de la société expliquent comment ils ont pu se lancer dans une telle opération sans avoir mesuré les risques et sans les avoir bien communiqués aux actionnaires.

Car ce n'est pas la faute à pas de chance si Fortis fait partie des victimes de la crise du "subprime". Le groupe s'est mis dans une situation plus fragile que d'autres. A partir de là, il n'est plus arrivé à maîtriser la situation. Il s'est retrouvé dans une spirale où les rumeurs alarmistes en alimentaient d'autres et augmentaient ses difficultés de financement. Et il a continué à mal communiquer. Avec comme résultat final un démantèlement qui est le prix à payer pour éviter le pire.

Les perdants de cette triste histoire ne sont pas seulement les actionnaires, mais aussi les employés qui vivent des heures pénibles et toute l'économie du pays. Le seul côté positif c'est de voir que le gouvernement Leterme prend les choses en main et fait tout pour trouver le moyen de rassurer l'épargnant.

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