La Libre.be > Economie > Actualité > Article
Crise financière
Un lundi noir pour Dexia
Ph. Law.
Mis en ligne le 07/10/2008
Le mauvais scénario qui a conduit dimanche soir à la prise de contrôle de Fortis par BNP Paribas serait-il en train de se reproduire pour le groupe Dexia ? L'action a connu un lundi noir, avec une chute spectaculaire du cours. En début d'après-midi, la chute dépassait même les 30 pc avant de se stabiliser à -21,16 pc à la clôture de la Bourse de Bruxelles. Des réunions ont eu lieu toute la journée entre les acteurs du dossier pour examiner la situation du groupe bancaire et tenter d'enrayer la dégringolade.
A midi, le Premier ministre Yves Leterme (CD&V) a eu un déjeuner de travail avec les actionnaires et des représentants des Régions pour une éventuelle restructuration du groupe belgo-français. "Nous avons fait un tour technique pour savoir notamment quelle gouvernance il faut pour Dexia. La question est de savoir aussi comment gérer le problème des liquidités et la crise de confiance qui secouent tout le secteur et qui pénalisent Dexia", nous a confié un responsable politique proche du dossier.
Dexia France à part
Malgré les 6,4 milliards d'euros apportés la semaine dernière, sous forme d'augmentation de capital par la Belgique et la France (voir infographie), Dexia aurait encore des problèmes de liquidités, une situation que semble confirmer les déclarations du Premier ministre Yves Leterme. Selon nos informations, le groupe bancaire aurait encore besoin de quelques milliards d'euros pour rassurer les marchés. Une des solutions envisagées serait la mise en place d'un véhicule financier dans lequel seraient versés les actifs non rentables, comme la filiale américaine FSA. Une scission de la filiale française du reste des activités belgo-luxembourgeoises n'est pas exclue. La Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) se serait d'ailleurs opposée à une opération de transfert de fonds de la Belgique vers la France.
Après sa réunion avec les actionnaires et représentants des Régions, Yves Leterme a eu, de 15h30 à 16h30, un contact avec les syndicats de Fortis pour les rassurer sur l'avenir après la prise de contrôle de BNP Paribas, qui détient désormais 75 pc du bancassureur ex-belgo-néerlandais.
Yves Leterme rassure
Il a aussitôt pris l'avion, un Falcone, avec son ministre des Finances, Didier Reynders (MR), pour Paris. Au programme : une rencontre décidée en urgence avec le président français, Nicolas Sarkozy, pour discuter des problèmes de Dexia. A l'issue de la réunion qui a duré un peu plus d'une heure, Yves Leterme annonçait des "initiatives" qui allaient être prises "dans les jours qui viennent" pour renforcer le groupe bancaire belgo-français. "Sur les éléments fondamentaux du groupe Dexia, il n'y a pas vraiment de craintes à avoir, c'est un problème temporaire. Nous sommes résolus à faire face ensemble, le gouvernement belge et le gouvernement français, à ces problèmes", a-t-il rassuré. Un consensus a été dégagé sur le nom du futur patron de Dexia et ce serait un Français. Comme nous vous l'annoncions ("LLB", 6/10), le nom de Pierre Mariani, ex-chef de cabinet de Nicolas Sarkozy (quand il était ministre du Budget) et actuellement membre du comité exécutif de BNP Paribas revient avec insistance.
La réunion avec Nicolas Sarkozy étant bouclée, Yves Leterme et Didier Reynders ont repris le Falcone pour Bruxelles où ils ont atterri aux alentours de 21h. Juste à temps pour présider un conseil des ministres, ajouté dans la journée pour 21h30 afin d'informer les ministres du gouvernement fédéral des discussions de la journée sur Dexia. Du côté du groupe, un conseil d'administration de Dexia a eu lieu hier soir à 19h30.
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...