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Crise financière

Panique sur les Bourses

Mis en ligne le 07/10/2008

Les places boursières ont été une nouvelle fois secouées lundi. Les marchés émergents ont connu pour certains un véritable krach. L'euro aussi a payé son écot au risque de propagation de la crise bancaire.

Un lundi noir de plus à inscrire dans l'histoire boursière. La première séance de la semaine n'a donc pas été portée par l'adoption définitive par le Congrès américain du plan Paulson destiné à soutenir le secteur bancaire aux Etats-Unis. Inquiets de la propagation évidente de la crise de confiance dans les institutions financières européennes, les opérateurs ont en effet décidé de lâcher du lest en Bourse, pour porter leurs capitaux vers des segments plus sûrs, comme celui des obligations d'Etat.

La séance de lundi avait il est vrai commencé sur de très mauvaises bases avec une chute globale des indices boursiers en Asie, avant même l'ouverture des places européennes. Des chutes de 4,25 pc à Tokyo, 5 pc à Hong Kong et... de 10 pc à Djakarta. Des chutes suivies dès l'ouverture des marchés européens par les principaux témoins de l'activité boursière.

Sur le vieux continent, ces premiers indicateurs se sont ajoutés aux nouvelles déclarations de soutien aux banques en difficulté diffusées en ordre dispersé en Europe. Des déclarations qui ont contribué à donner l'image d'un risque d'extension des défaillances actuelles, gérées dans l'urgence par les Etats concernés. Les pertes des financières ont donc été suivies de dégagements sur les indices, et partant, sur tous les segments de la cote. Avec un phénomène d'accélération qui a même fait craindre un moment un dérapage majeur des cotations. En fin de journée, malgré une timide tentative de remontée, les pertes s'aggravaient encore. Avec à la clé un bilan très lourd pour des indicateurs de tendance revenus souvent à leur niveau d'il y a 4 ans. A Paris, le CAC 40 a subi la plus forte baisse quotidienne depuis sa création en abandonnant 9,04 pc. Londres a chuté de 7,85 pc, Francfort de 7,07 pc, et même Zurich où les capitaux affluent, a reculé de 6,12 pc. A Moscou dont la Bourse multiplie les interruptions de cotation l'indice RTS a connu une chute exceptionnelle de 19 pc. Ici aussi, du jamais vu : un véritable krach boursier ! Même l'indice Eurostoxx qui reprend les 50 plus grosses valeurs européennes, a chuté de 7,86 pc. Wall Street aussi a souffert des angoisses des investisseurs. Mais hier soir, l'indice Dow Jones a limité la casse, perdant jusqu'à 7 pc avant de clôturer sur un recul de 3,58pc à 9 962,03 points.

L'euro aussi a payé sa part aux incertitudes sur l'extension de la crise financière en Europe et au manque de cohésion de la politique de défense des membres de l'Union. L'euro a reculé de 1,31 pc à 1,3509 dollar. Conséquence de la forte hausse du dollar et des anticipations de ralentissement économique, le baril de pétrole brut a aussi vivement reculé, perdant pratiquement 5 dollars à 89 dollars. Enfin, conséquence de la recherche de sécurité, les cours des obligations d'Etat ont encore grimpé. En Belgique, leur progression a fait descendre les taux à long terme (10 ans) à 4,35 pc. Par contre, le taux indicatif des prêts interbancaires à trois mois a encore progressé à 5,345 pc. Traduisez : pour prêter de l'argent à une banque pour quelques mois, sa concurrente demande 1 pc de plus que l'emprunt d'Etat à 10 ans. La crise de confiance est toujours là !

Patrick Van Campenhout

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