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Crise financière
"Un krach? Sans hésitation! La confiance vacille..."
Pierre Loppe
Mis en ligne le 07/10/2008
entretien
Etienne de Callatay, économiste en chef à la banque Degroof, commente l'actualité à chaud. Pas très réjouissant...
Krach ou pas krach ?
Oui, sans hésitation. Même la confiance de ceux qui pensaient "c'est un coup dur, faisons le gros dos" est ébranlée.
Du fait que l'économie réelle est touchée ?
Outre les maladies financières, on anticipe un monde où le crédit sera plus difficile et où le consommateur reconstituera ses réserves. A très long terme, une petite reconstitution de l'épargne aux USA n'est pas mauvaise mais il y aura une transition. Les industriels, peinant à se financer, souffriront, et les consommateurs ne voudront pas se faire prendre à froid une nouvelle fois.
Les appels au crédit venant de divers secteurs ont-ils des chances d'être entendus ?
Hélas, le crédit ne se décrète pas plus que la confiance. C'est le problème numéro un.
Les marchés ne croient-ils plus au plan US ?
Ils y croient mais estiment que c'est une déclaration d'intention plus qu'un plan précis ou qu'un coup de baguette magique.
A quand un retour au calme ?
Il faut que la confiance revienne dans la capacité de rembourser ses dettes, au niveau du marché interbancaire comme des prêts des banques aux entreprises. Il faut des "plans Paulson" en Europe. Une plus grande clarté sur ce qui se passe vraiment est aussi indispensable. Peut-être que si Dexia avait avoué une très grande tuile au lieu d'une exposition de 200 millions d'euros, le cours aurait moins mal réagi... Minimiser ne sert à rien. Essayer de cacher, encore moins. On aurait dû faire le grand déballage il y a quinze mois.
Entre-temps, l'Europe fait pâle figure...
La déclaration de Paris n'est pas enthousiasmante. Le comportement des Néerlandais dans le dossier Fortis ne traduit pas un grand esprit européen. Idem pour Angela Merkel qui critique les Irlandais puis fait comme eux. Tout cela donne une impression de grand bazar. On agit dans l'urgence, sans grande stratégie. Les Etats-Unis ont au moins l'avantage de parler d'une seule voix.
Les Etats déterminés, c'est une bonne chose ?
A un point tel qu'en caricaturant, on ne fait plus confiance à personne... sauf à l'Etat. Le plan public de soutien aux PME britanniques est peut-être une direction à prendre. Le processus de semi-nationalisation du secteur financier n'est pas à son terme.
Le nationalisme économique revient...
Clairement, sauf en Belgique où on ne l'a jamais beaucoup pratiqué. Je ne connais pas beaucoup de pays qui auraient laissé partir Electrabel comme nous l'avons fait. Le fait de ne pas cultiver le nationalisme économique est bien à condition de ne pas être plus naïf que le voisin.
Intéressant, le repli de l'euro et du pétrole ?
Il ne faut pas aller trop vite en besogne. C'est un petit soulagement, en effet. L'économie nous offre heureusement de tels mécanismes de compensation salutaires.
La croissance, en berne pour longtemps ?
Pour 2008 et 2009, en tout cas. Vu le timing des investissements, 2010 sera difficile.
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