Abonnez-vous a La Libre Belgique

Crise financière

Les Vingt-sept unis, dans la dispersion

OleB

Mis en ligne le 07/10/2008

D'accord pour protéger les banques "systémiques" et les dépots des particuliers. Mais chacun à sa manière. D'une stratégie commune, on n'aperçoit que l'ombre.

L'unité dans la diversité. La devise de l'Union européenne a-t-elle jamais été autant d'actualité qu'en cette période de crise financière ? Deux jours après le sommet du G4 (France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni) de Paris, les grands argentiers des Vingt-sept, réunis ce lundi à Luxembourg, n'ont jusqu'ici pas réussi à établir une stratégie commune pour faire face à la tempête qui souffle sur les banques européennes.

Tout au plus les Européens s'accordent-ils sur le message d'apaisement adressé aux épargnants. "Tous les dirigeants de l'Union européenne déclarent que chacun d'entre eux prendra les mesures nécessaires pour assurer la stabilité du système financier, que ce soit par l'injection de liquidités en provenance des banques centrales ou par des dispositifs renforcés de protection de dépôt", a solennellement assuré depuis Paris, Nicolas Sarkozy, président en exercice l'UE. Ces mêmes dirigeants européens, ajouté le Français, "constatent la nécessité d'une coordination et d'une coopération étroite".

L'Eurogroupe, a affirmé de son côté son président Jean-Claude Juncker, fera en sorte "qu'aucun institut financier de caractère systémique ne puisse tomber en faillite".

Une initiative commune ?

Voilà pour ce qui est des déclarations d'intention. Dans les faits, c'est le chacun pour soi qui prime pour l'heure. Les Etats membres annoncent l'un après l'autre des mesures pour garantir les dépôts des particuliers, afin d'éviter un mouvement de panique qui viderait les comptes d'épargne et mettrait les banques sur la paille.

Une semaine après que l'Irlande a mis sur pied un plan controversé de garantie de dépôt des grandes banques nationale - prenant le risque de saper les règles de la concurrence -, c'est l'Allemagne qui a débloqué 1000 milliards d'euros pour protéger les dépôts des épargnants. L'Autriche, la France, la Grèce, l'Italie, le Royaume-Uni, le Portugal, la Suède, le Danemark ont suivi le mouvement - les uns eb rehaussant la limite de la garantie d'Etat, les autres en la supprimant. Lasse d'attendre une décision commune sur les dépôts bancaires, l'Espagne a aussi fini par prendre une décision unilatérale.

Les appels à la concertation, dont celui du commissaire européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia qui exhorte les Vingt-sept à adopter "une approche commune, une action coordonnée afin d'éviter des décisions unilatérales qui ont des répercussions négatives", résonnent-t-il pour autant dans le vide ?

En soirée, les ministres des Finances réfléchissaient à l'opportunité de relever le seuil minimum de 20000 euros de garantie bancaire en cas de faillite - seuil déjà relevé par la plupart des Etats membres. "Cela fait partie des idées qui sont discutées. Si on ne parvient pas à se mettre d'accord sur un fonds de secours européen pour les banques, ce pourrait être une solution" pour rassurer les épargnants, "qui permettrait de renforcer l'harmonisation entre les pays", a indiqué une source diplomatique à l'AFP.

En cas d'accord, la balle reviendrait dans le camp de la Commission, qui devrait proposer un aménagement de l'actuelle directive, qui demande aux Etats membres de prévoir un système garantissant une indemnisation de 90 pc minimum des montants de dépôts, jusqu'à un montant maximal de 20000 euros.

Et le fonds de sauvegarde ?

L'idée de créer un fonds de sauvegarde européen pour les banques, à la manière des Etats-Unis, reste quant à elle, dans les limbes, et pourrait ne jamais en sortir. Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a plaidé pour la création d'un fonds commun, égal à 3 pc du PIB de l'UE, dimanche soir, assurant avoir le soutien de Paris. Ce que Nicolas Sarkozy - que l'on a cru favorable à cette initiative, la semaine dernière - s'est empressé de démentir, ajoutant que cette proposition n'agréait pas la France. Pas plus que l'Allemagne et le Royaume-Uni, qui n'entendent pas payer pour les faillites survenues dans d'autres Etats.

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page