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Crise financière
L'Europe cherche à mieux protéger les particuliers
AFP
Mis en ligne le 07/10/2008
Les pays européens s'apprêtent à renforcer la protection de l'épargne des particuliers pour éviter un mouvement de panique, face à l'aggravation inquiétante de la crise financière mondiale, et pourraient annoncer dès mardi de premières mesures concrètes en ce sens.
En discussion: un relèvement de la garantie de remboursement bancaire minimale dont peuvent bénéficier les citoyens de l'UE en cas de faillite de leur banque, de 20.000 à jusqu'à 100.000 euros, ainsi qu'une réduction des délais de remboursement, ont indiqué lundi soir des sources européennes à l'issue d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro. Des propositions en ce sens de la Commission européenne seront discutées mardi lors d'une réunion élargie aux ministres de l'ensemble de l'Union européenne.
Actuellement, la législation européenne oblige les pays de l'UE à garantir les dépôts pour un minimum de 20.000 euros par client. Même si de nombreux pays offrent déjà des montants plus importants, comme la France qui garantit jusqu'à concurrence de 70.000 euros.
En portant le seuil minimum à 100.000 euros, l'objectif serait avant tout de rassurer les petits épargnants de plus en plus inquiets face à l'ampleur de la crise financière mondiale, pour éviter un mouvement massif de retraits bancaires qui fragiliserait davantage les banques européennes.
La gravité de la situation a encore été illustrée par les plans de sauvetage d'urgence en Allemagne pour Hypo real Estate, le démantèlement du bancassureur Fortis ou les difficultés de la banque franco-belge Dexia.
L'idée est aussi d'harmoniser les politiques disparates suivies en la matière, et d'éviter des fuites de capitaux vers les banques des pays les plus généreux. Et de dissiper l'impression de confusion et d'improvisation donnée depuis deux semaines par les pays européens.
Autre piste à l'étude: une réduction des délais de remboursement des petits épargnants en cas de faillite de leurs banques, selon le commissaire européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia. Ces délais peuvent atteindre plusieurs mois aujourd'hui selon les pays, ce qui est jugé excessif.
Si les ministres européens des Finances se mettent d'accord sur ces mesures de protection mardi, ils commenceront à mettre à exécution les déclarations d'intention des 27 pays de l'UE. Dans une déclaration commune publiée lundi, alors que les places boursières mondiales étaient en chute libre, les dirigeants de tous les pays de l'UE ont promis de tout faire pour protéger l'épargne des particuliers et le système financier. "Tous les dirigeants de l'Union Européenne déclarent que chacun d'entre eux prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer la stabilité du système financier, que ce soit par l'injection de liquidités en provenance des banques centrales, par des mesures ciblées sur certaines banques ou par des dispositifs renforcés de protection des dépôts", souligne le texte.
Le président de l'Eurogroupe (forum des ministres des Finances de la zone euro), Jean-Claude Juncker, a enfoncé le clou dans la soirée à Luxembourg en assurant qu'aucune banque de grande taille ne serait abandonnée à son sort en cas de difficulté. "Nous sommes nous sommes d'accord entre nous" pour assurer "qu'aucun institut financier à caractère systémique (dont l'importance a une influence sur l'ensemble du système financier) ne puisse tomber en faillite", a-t-il dit.
Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a promis pour sa part de continuer à injecter "aussi longtemps que nécessaire" des liquidités dans le système bancaire pour venir en aide aux établissements. Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a quant à lui affirmé mardi qu'aucune banque française ne risquait la faillite et que l'épargne serait "totalement préservée". "Nos banques sont solides, elles ne risquent rien", a dit M. Noyer sur Europe 1. "Si par hasard il arrivait quelque chose d'inopiné, aucune banque française ne tombera", a-t-il poursuivi, soulignant que le président Nicolas Sarkozy avait été "d'une netteté absolue" pour garantir qu'aucun épargnant ne perdrait un seul euro.
Interrogé pour savoir si les banques françaises allaient relever le montant de garantie minimale des dépôts (au-delà du seuil actuel de 70.000 euros), M. Noyer a répondu: "Peut-être qu'on le fera, je n'en sais rien, quel que soit le montant, l'épargne sera totalement préservée, il n'y aucune crainte à avoir", a-t-il insisté.
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