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crise financière
Les partis veulent des mesures
V.R.
Mis en ligne le 10/10/2008
Ecolo, avec son homologue flamand Groen ! a présenté ce jeudi à la chambre vingt mesures en réponse à la crise des marchés financiers. Pas des mesures pour sauver le système. "Parce que ce système a atteint ses limites", a professé Isabelle Durant, co-présidente d'Ecolo. Mais des mesures pour le modifier profondément. "Ce qui se passe, a-t-elle poursuivi, ne peut plus arriver." Les verts n'ont pas manqué dénoncer l'attitude schizophrénique que les autorités publiques ont été obligées de prendre face à l'urgence. "C'est étrange, a ainsi ironisé Mieke Vogels. C'est Jean-Luc Dehaene, alors Premier ministre, qui a privatisé la CGER pour équilibrer le budget de l'Etat. Aujourd'hui, le même Jean-Luc Dehaene demande de l'argent à l'Etat pour sauver une banque privée au risque de déséquilibrer les finances publiques."
Les écologistes belges insistent d'abord beaucoup sur la nécessité de remettre une barrière étanche entre les banques commerciales et les banques d'affaires. Les premières devraient à l'avenir se concentrer sur le métier de base : la récolte de l'épargne et l'octroi de prêts. Ecolo et Groen ! suggèrent de limiter leur capacité de détention de titres financiers à 15 pc maximum de leur actif, des titres qui devraient par ailleurs être totalement sûrs. De leur côté, les banques d'affaires ne seraient plus autorisées à obtenir des dépôts. Elles ne pourraient plus non plus bénéficier de garanties de l'Etat en cas de faillites.
Autre proposition : limiter la titrisation. Cette technique permet aux banques de revendre leurs crédits à d'autres sous forme de titres. Ce faisant, ces banques n'assument plus le risque de défaut de l'emprunteur et le déchargent sur d'autres. C'est via ce canal que les "produits toxiques" se sont répandus dans les marchés financiers. Les verts veulent que la détention de titres de crédits titrisés soit limitée à 5 pc des actifs de la banque. Ils estiment par ailleurs qu'une banque ne peut pas titriser plus de 50 pc des crédits qu'elle a octroyés.
Les verts veulent aussi introduire des "ralentisseurs" sur les marchés financiers pour éviter les mouvements irrationnels. "On pourrait, précise les verts, imaginer une limite maximale de 5 à 10 pc de variation des cours, au-delà de cette limite le cours du titre concerné serait suspendu jusqu'au lendemain, voire pour une période plus longue."
Les écologistes suggèrent aussi la création d'un fonds de liquidité interbancaire public pour éviter qu' "en cas de crise de confiance, les banques commerciales refusent de se prêter les unes aux autres, que les taux interbancaires n'explosent".
PS et CDH eux aussi
Ecolo et Groen ! ne sont pas les seuls à avoir fait des propositions pour réguler les marchés financiers. Plus tôt dans la semaine, le PS ainsi que le CDH ont rendu publique une série de mesures poursuivant le même objectif. Certaines de ces propositions se recoupaient largement. Ainsi le PS prône aussi une séparation stricte entre activité de dépôt/crédit et les banques d'affaires. Comme les écologistes, les socialistes francophones préconisent l'instauration d'un prélèvement sur les transactions boursières.
Les partis se rejoignent aussi sur la nécessité de renforcer le contrôle prudentiel sur les activités des banques. PS, CDH et Ecolo conviennent ensemble qu'un contrôle devrait être instauré au niveau européen parce que les banques débordent largement du cadre national. Ils confieraient cette tâche à la Banque centrale européenne. Le CDH estime pour sa part que la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) doit être plus indépendante qu'elle ne l'est aujourd'hui. Sa mission pourrait être reprise par la Banque nationale.
Toutes ces propositions seront immanquablement bientôt débattues au Parlement.
© La Libre Belgique 2008
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