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Édito
Aller plus loin que l'indignation
Mis en ligne le 23/10/2008
On avait déjà vu bien des choses dans ce dossier Fortis ! Mais l'histoire de ce qui fut jadis un fleuron belgo-néerlandais de la finance et qui se sera finalement brisé net il y a un petit mois - victime de la crise bancaire mais aussi des rêves de grandeurs de quelques-uns et du manque de discernement d'un conseil d'administration par trop complaisant - vire désormais à l'écœurement.
La révélation hier par la presse flamande du fait que Gilbert Mittler, ancien directeur financier de Fortis, a quitté ses fonctions à l'été avec une prime de quatre millions d'euros est en effet l'eau qui fait déborder le vase de l'indignation d'un personnel déboussolé depuis un mois et d'actionnaires qui se retrouvent aujourd'hui avec des titres Fortis qui ne valent pratiquement plus rien.
Pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents, Gilbert Mittler, c'était le Monsieur "finances" de Fortis, l'un des proches de Maurice Lippens et l'un des grands artisans du rachat d'ABN Amro alors même que les conditions de financement n'étaient pas réunies. Un homme de chiffres, un professionnel comme on dit. Qui porte, par la fonction qu'il occupait, une part de responsabilité incontestable dans le désastre Fortis. Et bien, à l'été dernier - alors que le groupe était déjà vacillant - cet homme a donc quitté ses fonctions avec un solide parachute doré, probablement en guise de "petit" dédommagement moral. Avant de retrouver un poste de conseiller spécial auprès du nouvel administrateur-délégué, à l'époque Herman Verwilst. Chez Fortis, on a le sens de la famille...
Il aura fallu mercredi la sortie indignée d'Yves Leterme et une pluie de réactions politiques et syndicales du même tonneau pour forcer finalement Fortis à sortir de son mutisme gêné et à mettre un terme au contrat de Gilbert Mittler. Sans piper mot des fameux quatre millions d'euros...
Ce n'est pas verser dans le populisme que de considérer comme indécente une telle prime. On ne se place pas ici au niveau du droit - si Monsieur Mittler a signé un contrat avec son ex-employeur, il est en droit de le faire respecter - mais au niveau de l'éthique personnelle. Dans le cas de Mittler, elle a fait défaut.
Il convient de dépasser les discours d'indignation de circonstance. Le temps est venu de légiférer pour mettre un terme à de telles pratiques scandaleuses et immorales.
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