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Crise financière
L’Opep va serrer les vannes
Mis en ligne le 24/10/2008
Les ministres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se réunissent ce vendredi à Vienne, avec trois semaines d’avance sur le calendrier, pour stopper la dégringolade des prix et trouver des moyens d’amortir l’impact d’une récession.
Le cours du brut léger américain, référence du marché pétrolier, a baissé de plus de moitié depuis son record historique atteint en juillet dernier, à 147,27dollars le baril. Il s’échangeait jeudi à moins de 68dollars. Ce plongeon a convaincu les membres du cartel à avancer à ce jour une réunion extraordinaire d’abord fixée au 18novembre.
Le ralentissement économique qui se généralise provoque une baisse de la demande pétrolière et une reconstitution des stocks. Aux yeux de la plupart des ministres, cette situation réclame une réduction de la production. Mais l’Arabie saoudite, qui donne souvent le "la" par son statut de premier exportateur mondial de brut, n’a encore fait aucun commentaire sur la question. Son ministre du Pétrole, Ali al Naimi, s’est borné à déclarer à son arrivée jeudi à Vienne que le prix serait "déterminé par le marché".
D’autres pays divergent. Le ministre iranien du Pétrole, Gholamhossein Nozari, s’est prononcé pour une baisse de deux millions de barils par jour (bpj). D’autres délégués ont évoqué un chiffre d’au moins un million. Le président en exercice du cartel, l’Algérien Chakib Khelil, a estimé qu’il faudrait "plusieurs réunions pour obtenir le bon équilibre entre l’offre et la demande, et les besoins des pays producteurs et consommateurs." "L’inquiétude des pays producteurs est que, quelle que soit la décision prise, elle n’ait aucun impact pour limiter l’aggravation des problèmes dans les pays consommateurs", a-t-il reconnu. "La décision ne doit pas mettre les pays producteurs en situation de rejoindre le groupe de pays qui souffrent déjà de la crise financière", a-t-il ajouté.
Toute décision concernant les quotas de production qui sortirait de la réunion devra encore être mise en œuvre, ce qui s’est déjà avéré difficile par le passé. Plusieurs Etats membres ayant un besoin immédiat de recettes pétrolières ont rechigné à limiter leurs exportations dans les périodes creuses.
Si le président de l’Opep a déclaré qu’il "préférerait un pétrole à 90dollars pour garantir l’aboutissement des projets de développement de la chaîne pétrolière", les analystes jugent que ce prix est assez "ambitieux" dans le contexte actuel de ralentissement qui touche également des gros consommateurs émergents comme la Chine. "Freiner cette glissade des prix ne sera pas chose facile", estime la banque Morgan Stanley. "L’effondrement du prix de l’essence aux Etats-Unis, associé au ralentissement des pays hors OCDE, soulève la perspective d’une contraction de la demande pétrolière mondiale pour la première fois depuis 1982", dit-elle.
P.Lo (Avec AFP, Reuters)
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