Mardi 9 fév 2010

Crise financière

Plongeon des Bourses européennes et asiatiques

AFP

Mis en ligne le 24/10/2008

Les investisseurs japonais s'inquiétaient des hésitations de Wall Street et de la hausse continue du yen qui pénalise les exportateurs nippons.
Le Bel20 a chuté de 7,58%, vendredi en fin de matinée, suivant le mouvement à la baisse de la plupart des grandes places boursières. La bourse de Londres a perdu plus de 9% et Paris plus de 10%.

La Bourse d'Athènes a plongé vendredi de 10,22%, à 1718,79 points en début d'après-midi, sur fond de débacle généralisée des Bourses européennes. Deux heures après l'ouverture, l'indice composite FTSE/Athex chutait également de 10,94%, à 905,25 points. L'Athex où les capitaux étrangers se sont accrus ces dernières années, a enregistré depuis le début de l'année un recul de plus de 50%, suivant le ralentissement des places boursières mondiales.

La Bourse de Paris dégringolait toujours vendredi en fin de matinée, l'indice CAC 40 poursuivant sa chute libre sous le seuil symbolique des 3.000 points et perdant 10,62% à 2.959,29 points à 11H50 (09H50 GMT), un plus bas depuis mai 2003.

L'indice Ibex-35 des 35 valeurs vedettes de la Bourse de Madrid s'est enfoncé vendredi en milieu de matinée, reculant de 9,07% à 8.012,1 points à 11H48 (09H48 GMT), à l'unisson de la débâcle des Bourses mondiales. Les valeurs bancaires étaient rouge vif, Santander, première banque de la zone euro, perdait près de 11%, BBVA près de 9%. La Bourse de Madrid avait déjà été fragilisée au cours des deux dernières séances par l'inquiétude des investisseurs après la décision du gouvernement argentin de nationaliser son système de retraite, perdant 2,05% jeudi et 8,16% mercredi.

La Bourse de Londres accélérait sa chute vendredi en milieu de matinée, son indice vedette le Footsie-100 dégringolant de plus de 370 points, soit plus de 9%, après l'annonce de la première contraction de l'économie britannique depuis 16 ans, au troisième trimestre.

La Bourse de Milan creusait ses pertes vendredi en fin de matinée, le SP/Mib affichant une perte de -8,30% à 19.313 points vers 09H50 GMT

10h45 Le Bel 20 descend en dessous des 6,50 pc.

La Bourse de Londres accélérait sa chute vendredi matin, son indice vedette le Footsie-100 dégringolant de plus de 270 points, soit plus de 6,5%, après l'annonce de la première contraction de l'économie britannique depuis 16 ans, au troisième trimestre.

La Bourse de Francfort creusait ses pertes vendredi, l'indice vedette Dax plongeant de 7,52% à 4.179,85 points vers 08H37 GMT sur des craintes persistantes de détérioration de la conjoncture et dans la foulée de la chute des places asiatiques.

La Bourse de Paris continuait sa dégringolade vendredi matin, le CAC 40 lâchant 7,45% à 3.064,70 points à 10H54 (08H54 GMT), dans un marché tétanisé par la dégradation de la conjoncture économique et les mauvaises perspectives de nombreuses entreprises.

A l'ouverture

Les places boursières ont repris leur chute vendredi, avec des dégringolades en Asie, alors que dirigeants européens et asiatiques sont au chevet de l'économie mondiale à Pékin pendant que l'Opep réunie en urgence à Vienne veut enrayer la baisse des cours du pétrole.

A Tokyo, l'indice Nikkei a chuté de 9,6%, terminant pour la première fois depuis plus de cinq ans sous le seuil des 8.000 points.

Et l'Europe a suivi sur le même ton une heure plus tard: quelques minutes après l'ouverture, à 07H15 GMT, Londres cédait 5,44%, Francfort 6,64% et Paris 5,57%.

Le Nikkei souffre principalement de l'envolée du yen, qui pénalise fortement les exportateurs nippons. Vendredi, la monnaie japonaise s'échangeait à son plus haut niveau face au dollar depuis plus de 13 ans et depuis 6 ans face à l'euro.

Et la tendance à la baisse de l'euro pourrait encore s'accélérer, la Banque centrale européenne s'étant dite jeudi "en position de diminuer les taux sans ajouter de risques inflationnistes à moyen terme".

Sur les autres places asiatiques, la tendance était également très morose vendredi, avec une chute de 10,6% en clôture à Séoul et de 2,64% à Sydney. A 07H15 GMT, Hong Kong dégringolait de 6,52%, Bombay de 6,91% et Shanghai de 1,92%. "Les investisseurs paniquent", a résumé un courtier à Séoul.

Il est vrai que les entreprises font assaut de résultats et de prévisions pessimistes vendredi. La Corée du Sud a vu sa croissance ralentir à 0,6% au troisième trimestre 2008 par rapport au trimestre précédent en raison d'un ralentissement plus rapide que prévu des exportations, a indiqué jeudi la Banque centrale.

En Corée du Sud, où la croissance est à son plus faible niveau depuis le troisième trimestre 2004, le géant Samsung Electronics a ainsi annoncé une baisse de 44% sur un an de son bénéfice net au troisième trimestre 2008. Et il prévoit "une période encore plus difficile pour les prochains mois".

Jeudi soir, le numéro un mondial des logiciels Microsoft avait, lui, parlé de la probabilité d'un "ralentissement économique prolongé".

En Europe, le constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën prévoit lui vendredi un "fort recul" du marché automobile d'Europe occidentale, "de l'ordre de 17% au quatrième trimestre" et "de 8% sur l'ensemble de l'année 2008". Et il prévoit déjà des "réductions massives de production" au quatrième trimestre. La direction de Renault a décidé de fermer "la quasi totalité" de ses usines françaises "pour une à deux semaines à compter de la semaine prochaine".

Dans l'automobile toujours, l'allemand Daimler a pour la deuxième journée consécutive révisé ses prévisions de résultat à la baisse. Quant au fabricant de poids-lourd suédois Volvo, qui a dégagé des bénéfices en forte baisse pour le troisième trimestre, il a vu ses commandes s'effondrer de 55% et il d'ores et déjà annoncé la fermeture d'une usine au Canada.

Et les plans sociaux se multiplient. Volvo va supprimer 850 emplois, en plus des 1.400 déjà annoncés, l'américain Chrysler 1.800, General Motors envisage des licenciements, Volkswagen pourrait se séparer de 25.000 intérimaires, et l'américain Xerox a annoncé la suppression de 3.000 emplois dans le monde, soit environ 5% de ses effectifs.

Aux Etats-Unis, une entreprise américaine sur quatre prévoit de supprimer des emplois dans les douze prochains mois face à la crise économique, selon une étude publiée jeudi et une sur quatre estime probable un gel des embauches. Face à cette crise devenue globale, l'ancien président de la banque centrale américaine Alan Greenspan a estimé jeudi soir que le marché du crédit vivait "un tsunami comme on en voit un par siècle".

Un tsunami qui sera évidemment au menu des discussions des 43 dirigeants européens et asiatiques réunis vendredi et samedi à Pékin pour le sommet de l'Asem, où l'Union européenne tentera de rallier les puissances émergentes à sa volonté de refondation du système économique. L'Asem, qui pèse 60% du PIB mondial, regroupe les 27 pays de l'UE, les dix membres de l'Asean et six autres pays asiatiques dont les poids lourds économiques Japon, Chine et Inde.

Parallèlement à ce sommet, et afin de se défendre face à de futures crises financières, les nations est-asiatiques ont annoncé la création d'ici juin d'un fonds commun de réserves de 80 milliards de dollars (62 milliards d'euros), a annoncé le porte-parole du président sud-coréen Lee Myung-Bak. "M. Lee, les Premiers ministres chinois Wen Jiabao et japonais Taro Aso et dix dirigeants de l'Asean (Association des Nations d'Asie du sud-est) se sont réunis pour un petit déjeuner informel à Pékin et ont convenu de la nécessité de renforcer la coopération régionale et la coordination des politiques face à la crise financière mondiale", a déclaré ce porte-parole.

Autre point chaud vendredi: la réunion à Vienne des principaux pays exportateurs de pétrole (Opep), avec pour objectif d'enrayer la chute des cours de l'or noir. "Nous allons réduire la production", a assuré le président de l'Opep, Chakhib Khelil, tout en soulignant que l'organisation prendrait soin de "ne pas aggraver la crise financière en baissant trop" son offre.

Le brut a chuté de plus de moitié depuis juillet, pour être aujourd'hui sous les 70 dollars le baril, une chute rejetée par les "faucons" de l'Opep, dont l'Iran, qui souhaiterait une réduction de production pouvant aller jusqu'à 2,5 millions de barils par jour.

Le ministre koweïtien du Pétrole, Mohammad al-Olaïm, a affirmé vendredi à des journalistes que l'Opep allait décider d'une "coupe sage" de sa production pour "préserver l'économie" mondiale.

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