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Les Bourses européennes capitulent face à la récession
AFP
Mis en ligne le 24/10/2008
Comme leurs homologues asiatiques, les marchés boursiers européens cédaient à la panique vendredi, capitulant face à la dégradation de la conjoncture économique et les répercussions de la crise financière sur les entreprises.
Les Bourses de Paris et Francfort ont plongé par moments de plus de 10%, Londres et Madrid de plus de 9%. Elles sont parvenues à réduire leurs pertes, clôturant tout même sur de fortes baisses: Paris a cédé 3,54%, Francfort -4,96%, Londres -5% et Madrid -5,20%.
Les Bourses d'Europe de l'Est n'ont pas été épargnées, forcées parfois d'interrompre les transactions pour limiter la casse, comme à Moscou ou Bucarest. Prague a notamment dégringolé de 11,77%, touchant un plus bas depuis mai 2004. Les Bourses nordiques ont suivi la tendance, Oslo accusant la plus forte chute (-9,24%).
L'Eurostoxx 50, qui regroupe les poids lourds boursiers de la zone euro, a finalement reculé de 5%.
"Ce n'est même plus de panique qu'il s'agit, mais d'une capitulation: les marchés baissent les bras face au spectre de la récession", commente à l'AFP Robert Halver, stratège actions de la Baader Bank. "Tout le monde n'a plus qu'une idée en tête: se débarrasser de tous les actifs à risque, comme les actions, et mettre l'argent qu'il reste en lieu sûr", dit-il.
La ministre française de l'Economie Christine Lagarde expliquait de son côté la débâcle par "un mouvement profond de +deleveraging+", c'est-à-dire de ventes de titres par des acteurs contraints de se désendetter en urgence.
Dès leur ouverture ce matin, les Bourses européennes ont été plombées par l'effondrement des places asiatiques: le Nikkei japonais, pour ne citer que lui, a ainsi fini en baisse de 9,60% vendredi.
L'annonce vendredi d'une baisse de production de l'Opep, le cartel des pays producteurs de pétrole, n'a rien fait pour dérider les investisseurs. Puis, très vite, une série de mauvaises nouvelles sont venues confirmer que la crise financière avait bien commencé à empoisonner l'économie réelle.
La Grande-Bretagne a annoncé son premier recul de l'activité économique depuis 1992, avec une baisse de 0,5% de son produit intérieur brut au troisième trimestre. Les indicateurs macroéconomiques montrent "que la dynamique des profits va continuer de s'infléchir et que les sources d'impulsion sur l'activité, en provenance des pays émergents, vont se tarir au fur et à mesure alors qu'elles jouent un rôle essentiel depuis 2006", confirme Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis.
Le secteur le plus emblématique de cette contagion de la crise financière aux chaînes de montage vendredi était l'automobile: tour à tour les Français PSA Peugeot Citroën et Renault ont annoncé des arrêts de production, tandis que les suédois Volvo et Scania avouaient connaître la baisse de régime "la plus brutale jamais vue." Du coup les actions du secteur ont été très fortement sanctionnées en Bourse: Renault a affiché la plus grande perte du CAC 40 à Paris, chutant de 12,55% après avoir dévissé de plus de 16% en début d'après-midi.
Volkswagen ou Daimler ont finalement reculé respectivement de 7,93% et 5,92% tandis que Fiat, dont l'action a été un moment suspendue à Milan pour freiner son plongeon, a au final dégringolé de plus de 8%.
Autre secteur touché: le transport aérien, avec un déclin pour la première fois depuis cinq ans du trafic passagers international et la pire chute du cargo depuis sept ans. Air France-KLM a également dévissé en Bourse après avoir émis un avertissement sur résultats.
Sur toutes les places européennes, les bancaires continuaient de souffrir: en Italie, les titres d'Unicredit et d'Intesa SanPaolo ont dû être suspendus après des plongeons de plus de 10%.
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