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Édito

Le "non" des actionnaires au club des cinq

Par Vincent Slits

Mis en ligne le 02/12/2008

Le premier acte dans la grande explication - confrontation, devrions-nous dire - entre les actionnaires et le conseil d’administration de Fortis a donc eu lieu à Utrecht.

Le premier acte dans la grande explication - confrontation, devrions-nous dire - entre les actionnaires et le conseil d’administration de Fortis a donc eu lieu à Utrecht. Avant un deuxième acte, probablement plus tendu encore, ce mardi à Bruxelles.

Durant de longues heures, le conseil d’administration a tenté hier, tant bien que mal, de répondre aux questions de quelques centaines d’actionnaires, petits ou grands, qui ne comprennent toujours pas comment cette institution s’est retrouvée au bord de l’abîme, ne devant son salut qu’à une intervention concertée de plusieurs Etats et à l’adossement à BNP Paribas, mais en vidant en fin de compte de sa substance la société cotée.

Empreints d’une certaine gravité, ces administrateurs, parfois sur la défensive, ont joué, comme on pouvait s’y attendre, leur partition, assumant et justifiant leurs choix stratégiques, admettant au passage quelques erreurs - pas des fautes - mais seulement sur le terrain de la communication ou de l’appréciation de l’ampleur de la crise et rappelant que ces mêmes actionnaires avaient à l’été 2007, et à une écrasante majorité, approuvé le rachat d’ABN Amro, opération qui sonnera pourtant le glas de Fortis.

Au final, les actionnaires sont donc sortis de ce premier round avec le sentiment de ne pas avoir entendu les réponses qu’ils attendaient. Le fil de la confiance n’a pas été renoué, loin de là. Car en dépit d’un lobbying probablement intense ces dernières semaines auprès de gros actionnaires, et d’un carnet d’adresses sans équivalent, Etienne Davignon, proposé à la présidence, est passé d’extrême justesse hier avec un peu plus de 50 pc des votes. Par la petite porte, donc. Sous réserve d’un revirement toujours possible ce mardi à Bruxelles, il sera donc un président à peine toléré, pas davantage. Philippe Bodson et le Néerlandais Jan-Michiel Hessels ont eux, par contre, été sévèrement recalés, victimes d’un vote sanction les assimilant aux errements de la gestion passée de Fortis. Plus curieusement, la candidature de Karel De Boeck, ex-responsable de la gestion du risque au sein du comité de direction de Fortis et pressenti comme futur CEO, a été acceptée en dépit d’une rémunération indécente.

Les actionnaires ont donc dit non au club des cinq. Un vote sanction. Sera-t-il entendu?

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