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Fortis
Fortis : au bonheur des spéculateurs !
P.V.C.
Mis en ligne le 03/02/2009
Beaucoup d’attentes en Bourse de Bruxelles à propos de la saga Fortis, et surtout de la part de spéculateurs. Pourquoi de la part de spéculateurs ? Parce que, d’une part, il y a pour les uns, la possibilité de se "refaire" après avoir perdu de l’argent sur ce placement "de bon père de famille" qui a mal tourné, et d’autre part parce que pour une mise ridicule - des titres proches de l’euro - il est possible de prendre un bénéfice rapide. Pour les amateurs de sensations fortes, on l’a dit et redit dans la presse ce week-end, le principe d’une amélioration de l’offre de BNP sur les actifs de Fortis holding, se mesure actuellement à la grosse louche en euros, de 1 à 2, pour le moment, mais pourquoi pas plus, compte tenu de la combativité des représentants des actionnaires du groupe vidé de sa substance ? Or, un euro de plus pour un titre qui en valait 1,55 jeudi passé, c’est plus de 60 pc de hausse Et, après la suspension de cotation des actions Fortis vendredi passé, on espérait donc du côté des spéculateurs, une flambée de ces titres. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé lundi matin à la reprise des cotations, avec une hausse de plus de 20 pc dès les premiers échanges. Mais la tendance du jour a ensuite fait refluer les cours de Fortis holding, sans oublier que les spéculateurs heureux ont profité de la flambée initiale pour engranger des bénéfices rapides. Dame ! On est ici en Bourse, et il n’y a aucun frein moral à investir puis à dégager des profits. A la clôture, Fortis prenait 7,74 pc à 1,67 euro. Qu’on en juge aussi à l’aune des volumes traités sur les actions Fortis : près de 70 millions de pièces traitées sur la séance d’hier. Soit 118 millions d’euros traités sur cette seule valeur. La capitalisation de Fortis est dès lors remontée tout près des 4 milliards d’euros. Le tout dans un marché belge en recul de 2,17 pc, selon l’indice BEL 20.
Voilà pour les actions Fortis. Quid alors du "perdant" du marchandage politico-juridique de l’année, BNP Paribas ? Bien évidemment, on a ici assisté à une évolution inverse, avec une ouverture en recul, et une lente remontée du titre. Mais vendredi, le titre BNP n’avait pas été suspendu de cotation. Ici, en l’occurrence, on parle d’une entreprise financière qui a tiré profit de la crise financière, même si elle a, elle aussi, été forcée de demander l’assistance de l’Etat français. Et surtout, il s’agit d’une valeur qui affiche encore une capitalisation boursière de 25 milliards d’euros. Le titre a toutefois fini en très forte baisse à la Bourse de Paris, abandonnant 8,71 pc à 27,395 euros. Ici, on a traité 10,6 millions de titres soit quelque 281 millions d’euros de transactions. A noter que, dans un cas comme dans l’autre, l’appétit spéculatif s’est surtout déchaîné en début de séance, le volume de transactions s’apaisant ensuite au fil de la journée.
Fin de l’histoire ? Non, sans doute. Les annonces se suivent dans cette saga financière, et les spéculateurs salivent déjà en attendant la prochaine passe d’armes.
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