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Fortis
"On nous demande de choisir entre la peste et le choléra"
V.S.
Mis en ligne le 03/02/2009
Bras de fer (suite). Hier, Deminor, le cabinet de défense des actionnaires minoritaires, a clairement fait entendre qu’en l’état, il recommanderait aux actionnaires qu’il représente de voter contre les transactions soumises à l’approbation des actionnaires lors de l’AG du 11 février prochain.
Pour Deminor, il reste en effet de trop nombreuses zones d’ombres et parle d’améliorations "homéopathiques" à la suite des négociations intervenues en fin de semaine dernière entre l’Etat belge, Fortis Holding et BNP Paribas. Deminor juge, par ailleurs, "illégal" qu’en cas de vote négatif des actionnaires sur la proposition amendée, ce serait le protocole d’accord initial qui serait en fin de compte d’application. "On nous demande de choisir entre la peste et le choléra. On ne donne plus la possibilité aux actionnaires de voter contre le plan initial et celui réaménagé. C’est inacceptable et cela dénature l’ordre du jour fixé par la cour d’appel", tonne Pierre Nothomb, l’un des associés en charge du dossier. Ce dernier ajoute qu’une lettre d’avocat a été envoyée ce lundi à Fortis Holding pour contester la validité juridique de ce point.
Concrètement, Deminor demande notamment que Fortis Holding récupère la participation de 25 pc + 1 action de Fortis Banque au prix payé par l’Etat belge (NdlR : 9,4 milliards d’euros pour 100 pc). Mais demande aussi des éclaircissements au sujet du financement et de la gestion du SPV, le véhicule destiné à accueillir les actifs "toxiques" de l’ex-fleuron belgo-néerlandais de la bancassurance.
"Nous ne sommes pas des Ayatollah mais nous voulons un deal correct", conclut Pierre Nothomb. Un son de cloche identique du côté du cabinet de l’avocat Mischaël Modrikamen. Le front des actionnaires reste donc visiblement soudé.
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