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Transport ferroviaire - train pendulaire

Pendolino : étude de marché lancée

philippe lawson

Mis en ligne le 18/04/2009

La SNCB et ses partenaires luxembourgeois, français et suisse attendent les résultats pour le second semestre. L’opérateur belge arrêtera sa décision fin 2009. Enjeu : exploiter un train pendulaire entre Bruxelles et Luxembourg sans perte.
à turin

Verra-t-on un jour le train pendulaire sur la ligne Bruxelles-Luxembourg avec un prolongement jusqu’à Bâle ? Après les résultats de l’étude technique du gestionnaire d’infrastructure, Infrabel, l’opérateur SNCB poursuit toujours sa réflexion sur le sujet, mais il annonce une décision pour cette année 2009. "Nous avons commandé une étude de marché avec nos partenaires luxembourgeois (CFL), français (SNCF) et suisse (CFF) pour l’ensemble du marché Belgique/Luxembourg/Alsace/Suisse. Les résultats sont attendus pour le second semestre de l’année. Parallèlement, nous examinons les différentes techniques de pendulation (active ou passive) et nous préparons un business case pour une prise de décision en fin d’année", nous a confié Michel Jadot, directeur général de la division "voyageurs internationaux" de la SNCB que nous avons contacté.

En attendant, selon Alstom, l’unique constructeur du train pendulaire de dernière génération avec pendulation active, cette dernière option présente des atouts indéniables par rapport à l’option de la pendulation passive. "Le train avec une pendulation active offre davantage de confort aux passagers qui ne sont pas secoués dans les courbes, et l’accélération y est beaucoup plus importante, ce qui accroît le gain de temps", explique Stéphane Bourland, responsable "produit et stratégie" d’Alstom Ferroviaria à Savigliano (Italie). Il s’agit en fait du seul site où le groupe français construit le train pendulaire (baptisé Pendolino) et des trains régionaux. "Plus on va vite, plus le potentiel de clients est élevé, mais en principe le coût d’achat et d’usage du matériel est élevé. Il nous faut donc choisir le meilleur rapport coût/qualité. L’étude de marché est donc capitale et s’il y a assez de potentiel sur la ligne, il faudra faire jouer la concurrence entre les constructeurs et enfin voir si l’équation permet une exploitation sans perte. Car le trafic international n’est pas subventionné par les pouvoirs publics, il doit au moins couvrir l’intégralité de ses coûts", rétorque Michel Jadot.

En attendant, sur le site de Savigliano, les équipes d’Alstom sont occupées à la production des commandes de la dernière génération de pendolino (la 4e) pour d’autres opérateurs, dont certains en comptent déjà dans leur parc de trains. Sur le site, une rame de trains est préparée à la livraison pour l’opérateur italien Trenitalia.

Test de 2 millions d’euros

Le modèle, dessiné par le designer italien Giugiaro, présente toutes les fonctionnalités de la modernité : connexion Wi-Fi, écrans de télévision pour des films ou la publicité installés au plafond, etc. Sans oublier le bar qui fait pratiquement la séparation entre la première et la seconde classe. "Tout dépend des demandes du client", précise Michele Viale, un des responsables du site de Savigliano. La rame préparée devrait bientôt être opérationnelle sur la ligne Milan-Zurich-Stuttgart. Par conséquent, elle intègre différentes antennes permettant d’assurer l’interopérabilité entre les systèmes de signalisation des trois pays qu’elle va devoir traverser (Italie, Suisse, Allemagne).

Confort, vitesse (200 à 250 km/h avec une pointe pouvant aller jusqu’à 275 km/h), exploitation sur des infrastructures existantes, économe en consommation d’énergie, etc. sont les principaux atouts du train pendulaire d’Alstom. "Le train pendulaire affiche une vitesse de 30 à 35 pc supérieure par rapport à un train classique dans les courbes", dit Leonardo Solera, directeur de la plateforme Pendolino à Savigliano. Pour garantir la sécurité de son train pendulaire qui est pourvu d’un système d’absorption de chocs en cas d’accident, Alstom n’a pas hésité à procéder à un "crash-test" en grandeur réelle dont le coût est évalué à deux millions d’euros.

Le nouveau Pendolino d’Alstom affiche une capacité de 216 à 638 passagers, et est plus puissant qu’un train classique. D’après le groupe, il est pourvu d’un système de climatisation et d’isolation qui lui permettent de s’adapter à tout type de climat. Quant au prix de base, il est de 25 millions d’euros.

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