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crise du lait

"Si on ne bloque pas la circulation, cela ne sert à rien car on ne parle pas de nous"

P.D.-D.

Mis en ligne le 23/07/2009

Les agriculteurs wallons, étranglés par la chute du prix du lait, sont redescendus sur Bruxelles.

Benoît De Meurichy s’est levé plus tôt que d’habitude mercredi matin. Dès la fine pointe de l’aube, vers les 5 h 30, et ce, pour avoir le temps de "faire l’ouvrage" avant de prendre la route de Bruxelles. C’est qu’il fallait soigner, comme chaque matin, week-ends et jours fériés compris, les 200 bêtes de sa ferme située au Roeulx.

Et pourtant, venir manifester à Bruxelles, cela lui coûte de l’argent. "On perd des sous à ne pas travailler. Mais si on ne fait rien, on n’aura rien." Ils étaient entre 15 et 20 agriculteurs originaires du Roeulx à avoir pris la direction de la capitale dès 9 heures du matin. En tout, ils étaient 450, principalement originaires des provinces du Hainaut et de Namur. Ils s’étaient en fait concertés pour savoir qui "monterait" sur la capitale. "Certains devaient moissonner. Comme il y a du soleil, il fallait en profiter."

Une fois encore, la revendication des agriculteurs concernait le prix du lait, qui s’est effondré depuis deux ans. Les agriculteurs demandent une diminution des quotas afin de soutenir les prix. L’Europe, manifestement, ne l’entend pas de la même oreille (lire ci-dessus). "Une déception sur toute la ligne", selon les responsables des organisations syndicales. Pour les agriculteurs wallons, c’est parfois une question de survie. "Le prix de revient d’un litre de lait tourne entre 30 et 35 cents. Nous le vendons 18 cents. Notre trésorerie sera bientôt à sec. Cela devient très dur : nous devons payer nos impôts, nous devons aussi payer nos charges sociales."

Le dégringolade du prix du lait est sans doute la plus spectaculaire. Mais le monde agricole doit faire face à une baisse généralisée de ses revenus. La viande et les céréales connaissent le même phénomène de baisse de prix. "Tout va mal", tranche Benoît, alors que le cortège est en attente du feu vert de la police pour descendre la rue Belliard en direction du Cinquantenaire. "La conséquence de tout cela est qu’il y aura des fermiers en moins."

"Nous voulons vendre nos produits à notre prix. C’est vrai que ce n’est pas idéal pour les consommateurs, mais c’est aussi pour leur fournir des produits de qualité."

Un autre agriculteur, Benoît Sauvage, évoque justement le coût pour assurer la qualité des produits. "Nous devons investir pour fournir des produits de qualité car nous avons des normes très élevées à respecter. Mais, dans le même temps, on importe de la viande d’Argentine où les hormones ne sont pas interdites alors que c’est le cas chez nous."

Le cortège reprend sa marche. Sur la "petite ceinture" bruxelloise, les voitures roulent au pas. Les tunnels sont saturés en raison de la fermeture de plusieurs axes importants, réservés au passage des tracteurs. Lorsque ce cortège approche du parc du Cinquantenaire, la tête du cortège s’engage sur l’Esplanade. Le gros du "peloton" marque un temps d’arrêt avant de reprendre sa course. La situation était toutefois difficile en raison du blocage de l’avenue des Nerviens. "Si on ne bloque pas, cela ne sert à rien car on ne parle pas de nous. Si c’est pour venir au Cinquantenaire et ne rien faire, autant rester chez soi."

Pour Benoît De Meurichy, le retour à la maison, dans la soirée, ne sera pas pour autant la fin de la journée. Il devra en effet passer par l’étable et traire ses vaches. Il en aura pour une bonne heure. Pour récolter un lait qui ne lui rapporte plus rien. Qui lui coûte, même

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