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Zacharie : "En matière financière, la libre concurrence ne fonctionne pas !"
Mis en ligne le 16/09/2009
La crise financière est-elle une opportunité pour la réglementation économique internationale ?
C’est le grand défi de la gouvernance mondiale : il faut tirer les leçons de cette crise globale et aborder les questions de la régulation de la globalisation économique. Et ce, de manière beaucoup moins idéologique que dans le passé, quand on croyait que le marché libre allait tout régler en matière financière et commerciale. C’est loin d’être le cas !
Pourquoi ?
Dans le domaine financier, le marché autorégulateur est une utopie car la libre concurrence en matière financière ne fonctionne pas. La "main invisible" est absente. Dans l’économie réelle, ça fonctionne : si le prix d’un produit augmente subitement, les consommateurs vont arrêter de l’acheter, ce qui fera redescendre le prix. La loi de l’offre et de la demande agit donc normalement. Mais dans le monde de la finance, c’est l’inverse qui se produit.
C'est-à-dire ?
Si le prix d’un produit financier augmente, les investisseurs vont en acheter de plus en plus. Ce comportement moutonnier crée des bulles financières, complètement déconnectées de l’économie réelle, qui finissent par éclater. Cela provoque une fuite massive des capitaux et, à nouveau à cause des comportements moutonniers, cette fuite de capitaux est exacerbée, ce qui provoque une chute des cours jusqu’à des niveaux plancher record. La logique de marchés autorégulateurs en matière financière ne fonctionne donc pas. C’est pourquoi il faut vraiment une régulation publique internationale adaptée.
En quoi devrait-elle consister ?
Il faut par exemple un fonds d’assurance, dont on parle de plus en plus. Il faut aussi une taxation des transactions financières internationales. On ne peut pas faire croire aux acteurs du secteur financier que, quel que soit le risque pris, les pouvoirs publics seront toujours là pour les sauver. Ça les inciterait à prendre encore plus de risques. C’est pourquoi il faut de la régulation. Mais celle-ci n’est pas garante de la disparition de toute crise financière internationale future. C’est pourquoi il faut taxer les transactions financières internationales pour anticiper d’éventuels plans de sauvetage futurs. Ainsi, ces plans seraient financés par la sphère financière elle-même, ce qui permettrait d’éviter un sérieux aléa moral : le recours aux contribuables comme vache à lait en cas de prise de risques excessive, alors que les profits, eux, ne sont pas taxés.
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