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Édito

Lippens parle, mais encore...

Mis en ligne le 21/09/2009

Par Ariane van Caloen

C’était l’événement du week-end et cela le sera encore ce lundi sur les ondes : Maurice Lippens est sorti de son silence un an après avoir dû quitter la présidence de Fortis. Dans les interviews parues samedi, il s’en prend aux Hollandais; égratigne le gouvernement belge qui ne s’est pas soucié des actionnaires; et clame qu’il a commis des erreurs mais pas de faute. On reste sceptique sur l’opportunité d’une telle déclaration publique. A lire les nombreux commentaires des internautes, Maurice Lippens ne fait qu’attiser la colère des Belges. De plus, il apporte sa version des faits, mais peut-être pas l’entière vérité de cette tragique histoire. Quand il dit que les économistes jugeaient la crise gérable, on ne peut s’empêcher de rétorquer que certains d’entre eux avaient déjà fortement mis en garde contre les problèmes de subprime aux Etats-Unis. Et pourtant, le conseil d’administration de Fortis s’est entêté à tenir des discours optimistes au moment du rachat d’ABN Amro. N’était-il vraiment au courant de rien ? Ce qui serait inquiétant Ou n’a-t-il pas voulu faire marche arrière de peur de perdre la face ? Il reste encore beaucoup de zones d’ombre sur les événements qui ont précédé la chute de Fortis. Et on ose espérer que les enquêtes lancées notamment en Belgique permettront d’apporter des éclaircissements, en particulier sur la responsabilité des administrateurs et de la direction de l’époque. Et que cela permettra de mieux définir la différence entre faute et erreur de gestion. Le mea culpa "très light" de Maurice Lippens n’est, lui, qu’un épiphénomène.

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