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Leysen: "Ne pas taxer les banques"

Pierre Loppe

Mis en ligne le 30/09/2009

Qu'elles remboursent les aides est "normal", qu'elles paient plus, non, dit Thomas Leysen, président de la FEB. TVA baissée dans l'Horeca ? "Inconcevable, sauf si..."
Entretien

Mardi a eu lieu à Bruxelles la dixième "Rencontre gouvernement entreprises", présentée comme "l’événement politico-économique de la rentrée". L’occasion de rencontrer Thomas Leysen, président de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), à l’origine de cette initiative.

Après une période de récession, on a touché le fond, dites-vous...

La plupart des observateurs prédisent le retour à une croissance modeste l’an prochain. Il ne faut toutefois pas se leurrer. Les ravages causés par la crise bancaire et financière ont rompu une série d’équilibres et ébranlé des certitudes. Le retour à la normale sera lent.

Et l'emploi reste un gros point noir...

Vu la remontée du chômage, nous restons inquiets. Des entreprises vont encore procéder à des restructurations et à des non-remplacements. En revanche, des sociétés qui ont passé le creux de la vague rappellent des gens qui sont en chômage temporaire. Le Bureau du Plan parle de 175 000 emplois en moins. C’est une hypothèse qu’on ne peut pas écarter mais je garde l’espoir que l’ampleur sera moindre. Pas mal d’entreprises ont fait usage des mesures temporaires comme le chômage des employés, cela a permis de sauver pas mal d’emplois.

La reconduction de la mesure au-delà de la fin 2009 est-elle indispensable ?

La mesure reste utile à court et moyen terme. Nul n’a intérêt à s’y opposer. Il est nécessaire de la prolonger un certain temps.

Quid du sauvetage des banques ?

Le gouvernement a globalement bien réagi à la phase aiguë de la crise, notamment en sauvant les banques de façon courageuse et décisive. Les intérêts de l’Etat dans cette transaction ont été préservés. On a parlé des "cadeaux" aux banques. Je crois au contraire que le gouvernement, comme il se doit, a bien négocié. Il a été rétribué correctement pour ses garanties et pour les prêts subordonnés. Pensez donc, il perçoit un intérêt de 10 % alors qu’il emprunte à 1 %. Il pourra bientôt revendre sa prise de participation dans BNP Paribas s’il le choisit. De même, il pourra éventuellement céder ses 25 % dans BNP Paribas Fortis dans de bonnes conditions.

Vous appelez à des réformes structurelles...

Ce sera le vrai défi ! Il faut revenir à des finances publiques plus saines et à un système refinançable. Après le dernier dérapage dans les années septante, il a fallu vingt ans pour retrouver une situation saine. Cette fois, on ne pourra pas se permettre d’attendre si longtemps.

Pour rappel, nous demandons de travailler sur l’efficacité de la fonction publique. Il ne faut remplacer les fonctionnaires qui partent que de façon sélective. Il faut aussi regarder différemment les soins de santé. La norme de 4,5 % hors inflation n’est ni tenable ni justifiée. L’ajustement des allocations sociales au bien-être (plus 1,5 % hors inflation) pose problème en période de décroissance. C’est un transfert de moyens des actifs vers les inactifs.

Faut-il "faire payer" les banques ?

Les grandes banques qui ont reçu des aides doivent les rembourser sous forme d’intérêts subordonnés, c’est clair. Par contre, leur sauvetage ne justifie pas de nouvelles taxes. Ce n’est pas un paiement dû pour service rendu et non rémunéré !

Baisser la TVA dans l'Horeca ?

Diminuer les recettes dans le contexte actuel me semble inconcevable à moins d’effets retour très rapides.

Taxer plus les hauts revenus ?

Pénaliser davantage ceux qui tirent la charrette serait malvenu.

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