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bois sauvage

Vincent Doumier inculpé une deuxième fois

Roland Planchar

Mis en ligne le 01/10/2009

Pour lui, c'est la seconde "tuile" du genre, puisqu'il avait déjà été inculpé en date du 10 septembre dernier.

Vincent Doumier, l'administrateur-délégue du holding financier "Bois Sauvage", a été inculpé pour délit d'initié jeudi par courrier par le juge d'instruction Michel Claise, comme on l'apprend à source judiciaire avec confirmation du parquet de la capitale. Pour lui, c'est la seconde "tuile" du genre, puisqu'il l'avait déjà été en date du 10 septembre dernier, avec une mise en détention préventive d'une semaine à la clef (la chambre du conseil avait confirmé le mandat d'arrêt décerné par M. Claise, mais celui-ci avait ultérieurement décidé une mainlevée, valant libération).

Cette fois, ce n'est plus pour la vente des 3,6 millions d'actions "Fortis" tenues jusqu'au 3 octobre 2008 en portefeuille par le Bois Sauvage que M. Doumier, certes présumé innocent, aurait commis un délit d'initié. C'est pour la vente en catastrophe, le même jour de la suspension de cotation de "Fortis", de ses propres actions du bancassureur, quelques minutes après un coup de téléphone suspect de Luc Vansteenkiste, administrateur chez "Fortis" mais également au "Bois Sauvage".

Si les deux hommes affirment que ce contact ne concernait pas l'état catastrophique du bancassureur belge, qui allait être démantelé et dont la cotation allait parallèlement chuter de 5,4 à 1,5 €, la justice semble penser le contraire. M. Vansteenkiste a du reste lui aussi été inculpé et placé un temps en détention préventive.

Mais si les montants cette fois en cause ne semblent pas énormes, l'événement a une implication judiciaire. En effet, que le "Bois Sauvage" et son administrateur-délégué aient expliqué la vente des 3,6 millions de titres par un effet de leur réflexion et de leur stratégie, c'est une chose. Mais cela pourrait n'être guère compatible avec la décision apparemment instantanée de vendre même les actions personnelles de M. Doumier, laquelle a été mise en lumière grâce à la perspicacité de la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA).

Nul doute, en tout cas, que l'impression résiduelle, côté justice, sera que, loin de toute stratégie, le "Bois Sauvage" et M. Doumier ont eu un simple réflexe de sauve-qui-peut financier avant la très prévisible débâcle. A ce détail que, si cela s'avère, ils auraient ainsi franchi la frontière de la loi.

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