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alimentaire
Les banques collectent
C.M.
Mis en ligne le 10/10/2009
Du 15 au 21 octobre, les bénévoles des Banques alimentaires feront le pied de grue aux entrées de quelque 500 magasins Delhaize et associés (Proxy, AD...) du pays afin de récolter de quoi approvisionner près de 115000 démunis. Pour cette 19e édition - comme pour la 18e d’ailleurs -, ils ne proposeront pas aux clients de sac en plastique à remplir de denrées non périssables, mais des bons repas d’une valeur de 1,50 euro (petit déjeuner complet), de 3 euros (repas chaud) ou de 6 euros (une journée de repas). "Les bons sont scannés chez Delhaize, explique Michel Verkaeren, responsable national de la collecte Delhaize. L’argent y reste et représente une manne de 20 produits dans lesquelles les 9 banques peuvent puiser en fonction d’une grille de répartition liée au nombre de démunis qu’elles aident." Ce "droit de tirage", elles l’exercent en fonction de leurs besoins spécifiques. "Telle banque qui, par exemple, bénéficie de dons d’une laiterie installée sur son territoire ne prendra pas de lait. Telle autre, pas de conserve de viande. Chacune fait ses choix de manière autonome."
Dans la liste des 20 produits, il y a du lait, des conserves de viande, de poisson, de légumes et de fruits, de la soupe et... du chocolat à tartiner noisette. "Rien de frais puisqu’il faut un certain temps pour écouler cette marchandise, mais pas non plus de farine, de riz, de pâtes, de sucre, etc. qui sont fournis par l’Europe, notre principal donateur", poursuit Michel Verkaeren.
Ce bouleversement n’a pas perturbé les consommateurs. Au contraire. La récolte 2008 s’est élevée à 1227000 euros (équivalent à 576000 repas) représentant 854 tonnes de vivres. Soit une augmentation de... 15% par rapport aux 742 tonnes récoltées en 2007. Un boom qui ne s’explique pas que par la générosité des clients, même s’ils étaient peut-être plus sensibilisés à la crise naissante. "Les clients remplissaient leur sac avec des produits de leur choix, de marque, blanc ou au label 365, tandis que Delhaize ne remplit sa manne qu’avec des produits à prix plancher."
"Il y avait aussi, dans l’ancienne formule, un problème d’image, tant pour les Banques alimentaires que pour Delhaize, ajoute le responsable. A la réflexion, elle était économiquement et écologiquement... irresponsable." Et de se lancer dans un exemple concret: "Avant, pour qu’un kilo de sucre arrive à l’une des 650 ASBL avec lesquelles nous travaillons, il en faisait du chemin. De Zellik, l’entrepôt central de Delhaize, il arrive en camion au magasin d’Arlon. Il est alors pris par un client qui le met dans le sac en plastique qui lui a été remis à l’entrée par les bénévoles -4 millions de sacs ont été donnés en 2007- et en fait don aux Banques. Ce kilo est placé dans un des cartons ramassés par un camion Delhaize et ramenés à... Zellik où, de 6 heures à 18 heures, ils sont pesés par des bénévoles. Toujours en camion, il repart alors vers une des 9 banques alimentaires du pays. Et si ça tombe, il retourne à Arlon "
Avec ceci que l’ancien système exigeait énormément de bénévoles pendant la semaine de collecte, mais aussi après, pour trier les centaines de tonnes de vivres. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’en faut plus dans la nouvelle formule, mais moins. "Reste que pour cette année, il nous en manque." (voir ci-contre) "Globalement, on est gagnants sur plusieurs tableaux", conclut Michel Verkaeren.
Si ces collectes dans la grande distribution ne sont pas majeures - elles représentent moins d’un mois de vivres puisque bon an mal an, les banques alimentaires distribuent 12000 tonnes de nourriture -, elles sont fameuses en termes d’image. Tant pour les Banques elles-mêmes que pour les distributeurs. Dont d’autres aimeraient profiter. "Il n’y a aucune exclusive, même si Delhaize n’y verrait sans doute pas d’inconvénient. Il y a aussi une collecte chez Colruyt deux fois par an, mais qui rapporte moins (200 à 250 tonnes par an). Parce qu’elle n’est pas aussi ancrée (deux ans d’ancienneté seulement contre dix-neuf cette année pour Delhaize), mais peut-être aussi parce que le distributeur communique moins." Or, dans les accord, c’est aux distributeurs d’investir en publicité, imprimés, affiches, spots TV Ce qui pour Delhaize représente vite un montant à 6chiffres. Carrefour s’intéresse aussi au principe. "On a des contacts."
"J’ai rêvé un temps de faire une seule grande collecte nationale au même moment auprès des principaux distributeurs. Mais il ne faut pas être utopique. Et puis on serait peut-être perdant puisque l’effort serait dilué, les clients de Delhaize allant parfois faire leurs courses ailleurs. Il vaut mieux donc 3 ou 4 collectes sur l’année."
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