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automobile

Levée de boucliers en Allemagne

Marcel Linden

Mis en ligne le 05/11/2009

Les réactions les plus épidermiques proviennent des ministres-présidents des Länder hébergeant des usines d’Opel.
En Allemagne

Le gouvernement Merkel, les ministres-présidents des Länder et les syndicats ont tous condamné sans recours la surprenante décision de General Motors de rester propriétaire d’Opel.

Par le passé, la classe politique entière et les représentants ouvriers avaient soutenu à fond la vente d’Opel à Magna. Maintenant, ils redoutent qu’un assainissement d’Opel par GM ne mène à la fermeture d’usines en Allemagne, chose qu’avait exclue Magna. Aujourd’hui, le syndicat IG Metall organisera des grèves d’avertissements devant l’entrée des quatre emplacements allemands d’Opel, au siège de Rüsselsheim, à Bochum, Kaiserslautern et Eisenach. "L’action s’étendra aux autres usines d’Opel en Europe à partir de vendredi", a déclaré le président du conseil d’entreprise européen d’Opel, Klaus Franz, pour lequel trois sites, Anvers, Bochum et Kaiserslautern, sont "menacés d’extinction". Il craint que GM ne provoque davantage de départs dans les usines allemandes que les 4 100 prévus par Magna.

Syndicats et conseil d’entreprise relèvent que les concessions financières de 265 millions d’euros qu’ils ont consenties en faveur de Magna ne valent pas en cas de maintien d’Opel dans le giron de GM.

Le libéral Rainer Brüderle, nouveau ministre de l’Economie, a dit devant la presse à Berlin attendre "que General Motors présente le plus vite possible ses plans de restructuration" d’Opel, qui compte quatre usines en Allemagne.

Les réactions les plus épidermiques proviennent des ministres-présidents des Länder hébergeant des usines d’Opel. Pour Jürgen Rüttgers, chef du gouvernement CDU-libéral de Rhénanie du Nord-Westphalie, GM montre "la face hideuse du turbo-capitalisme".

Le ministre-président CDU de Hesse Roland Koch s’est dit "très touché et fâché". Kurt Beck, ministre-président de Rhénanie-Palatinat, attaque GM et Neelie Kroes, la commissaire européenne à la concurrence, "qui a empêché une solution pour Opel". Le dirigeant social-démocrate se demande ce que vaut une politique de la concurrence "qui en Europe refuse un soutien de l’Etat, alors qu’aux Etats-Unis GM encaisse d’énormes aides de l’Etat".

A Berlin le porte-parole du gouvernement fédéral, Ulrich Wilhelm, a parlé d’un acte "regrettable" et exigé un remboursement de l’aide financière de Berlin de 1,5 milliards d’euros à Opel dans les délais, c’est-à-dire jusqu’au 30 novembre. "GM devra soumettre très rapidement ses plans de restructuration d’Opel. Nous ne lui permettrons pas de nous mettre sous pression", a lancé le nouveau ministre libéral de l’Economie, Rainer Brüderle. En fine tacticienne, la chancelière Merkel, qui avait pendant la campagne électorale milité en faveur de Magna, a préféré ne pas se prononcer dans l’immédiat. Son porte-parole n’a pas voulu exclure pour les prochains jours un entretien entre elle et le président Obama. La grande colère allemande va rapidement s’essouffler. Le chef du conseil d’entreprise d’Opel Bochum, Rainer Einenkel, croit que la volte-face de GM n’empêchera pas les autorités allemandes d’accorder des aides financières à l’Américain. "Pour sauver des milliers d’emplois chez Opel et les sous-traitants, le gouvernement allemand ne pourra pas faire autrement", a-t-il dit. L’IG Metall a concédé qu’elle est prête à négocier avec GM.

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