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Les raisons de la volte-face de GM
Stéphanie Fontenoy, à New York
Mis en ligne le 05/11/2009
En décidant de ne plus vendre sa filiale Opel, General Motors a fait une volte-face qui a surpris tout le monde en Europe, mais qui, outre-Atlantique, s’explique dans le cadre d’un contexte général plus optimiste pour le constructeur automobile américain. La décision serait financière et stratégique. Financière d’abord : la vente d’Opel au Canadien Magna avait été décidée pendant les heures les plus noires de son histoire, alors que le GM était virtuellement en faillite et réclamait le soutien du gouvernement américain. Sorti de sa propre phase de restructuration en juillet, le constructeur américain voit son avenir de façon plus sereine. GM est aujourd’hui débarrassé de ses dettes et détenu à 60 % par le gouvernement américain. Le constructeur a vu ses ventes augmenter de 4,7 % aux Etats-Unis en octobre. Fort d’une confiance retrouvée, Fritz Henderson, le directeur général du groupe, aurait expliqué mardi aux autres dirigeants que GM était mesure de restructurer seul Opel, sans l’aide du canadien Magna et de ses partenaires russes. Stratégique ensuite : GM entend rester un constructeur mondial et doit dans ce but conserver un pied en Europe. Le marché automobile européen est aujourd’hui plus vaste que le marché américain.
D’autre part, l’évolution en cours aux Etats-Unis en matière de standard de pollution et le prix du pétrole qui reste très volatil obligent les constructeurs américains à se focaliser sur des véhicules plus petits et moins gourmands. Une expertise européenne dont les géants de Détroit sont friands. "Si GM se débarrassait d’Opel, le constructeur aurait été désavantagé face à la concurrence, car dans la décennie à venir, le segment porteur va être celui des véhicules de taille plus raisonnables, à l’européenne", affirme George Hoffer, spécialiste du marché automobile à l’Université de Virginie (VCU). "Je pense que le comité de direction de GM en est venu à cette conclusion : utiliser le design et l’expertise d’Opel Europe pour sa nouvelle génération de véhicules aux Etats-Unis", poursuit l’expert. Le revirement de GM reflète également le frottement des forces à l’œuvre au niveau de sa direction: l’ancienne garde, représentée par Fritz Henderson, et la nouvelle, dirigée par le nouveau président de GM, Edward E. Whitacre Jr, ancien patron de AT&T. Nommé par le gouvernement Obama, Edward E. Whitacre Jr, a finalement conclu que la compagnie devait élargir son marché, plutôt que de le concentrer. Le comité de direction a choisi l’option de garder Opel dans le giron de GM, ce qui n’était pas la position initiale défendue par Fritz Henderson. Lors d’une conférence téléphonique hier, John Smith, vice-président de GM, a levé un coin du voile sur les intentions du groupe envers sa filiale. La restructuration d’Opel Europe induirait une réduction des coûts de 30 % et environ 10 000 suppressions d’emplois. General Motors a promis de présenter "très bientôt" un plan de restructuration détaillé pour Opel. M. Smith espère que le gouvernement allemand, qui n’a pas caché mercredi sa colère devant le retournement de situation, "trouve des mérites" à ce plan.
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