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immobilier

Un vrai plan de campagne

Mis en ligne le 16/12/2009

Commentaire Charlotte Mikolajczak

Reste que cette mise au point semble surtout servir la relance de ce type de vente et donc les notaires qui l’opèrent.

Cette nouvelle version qui prendra effet à partir du 1er janvier 2010 n’est, en fait, que la énième touche à un plan de communication lancé il y a plus de 10 ans. Tour à tour, le déroulé de la vente a été simplifié, de même que les explications données par le notaire en début de séance; les frais de la vente ont été globalisés et mis à charge du vendeur (et non de l’acheteur). Parallèlement, le message a été peaufiné pour que la vente publique devienne une véritable alternative aux ventes de gré à gré. Pas plus de 5 ou 6 adjectifs lui sont accolés, mais systématiquement énoncés: transparente (tous les amateurs sont sur pied d’égalité); juridiquement sécurisée (pour le vendeur comme pour l’acquéreur); rapide (sauf complication, les délais sont plus courts qu’en gré à gré); peu onéreuse (1 % plus chère en moyenne qu’une vente de gré à gré, mais nettement moins si un agent immobilier est intervenu puisque les frais se situent entre 3 500 et 4 000 euros contre 3 % du prix de vente pour un courtier); volontaire (3 % seulement des ventes publiques sont forcées contre 97 % de ventes volontaires); et surtout... avantageuse, du moins pour le vendeur - qui est aussi le donneur d’ordre (à écouter les notaires, et même en période de crise, il n’y a quasiment que des exemples d’expertises largement dépassées et très peu de prix inférieurs aux valeurs de marché).

Après la simplification et la communication, l’heure de la modernisartion a sonné. La vente publique se veut moins poussive, moins poussiéreuse, voire moins folklorique. Une mise à prix est suggérée, qui rassure et en même temps stimule. Des primes, qui ont donné de bons résultats à Louvain et ailleurs, sont généralisées; pour que le public, dans la salle, n’attende pas pour se manifester, s’entraîne mutuellement et pousse le prix vers le haut.

On se souvient qu’en juin les agents immobiliers avaient remporté une première manche face aux notaires en les excluant des ventes de gré à gré. Aujourd’hui, les mêmes notaires se sont donné les outils pour, peut-être, gagner la seconde manche sur le seul marché de la vente publique dont ils ont l’exclusivité.

Sans doute une clarification de la procédure de mise en vente publique d’un immeuble s’imposait-elle, entre autres parce qu’au fil du temps, elle a pris des contours différents d’un arrondissement du pays à l’autre. Et puis, elle est toujours tellement obscure pour le grand public, incomprise et donc rébarbative, voire effrayante, que ce n’était pas plus mal.

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