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Rechute confirmée en Europe

Patrick Van Campenhout

Mis en ligne le 06/02/2010

Les signes positifs venant des Etats-Unis n’ont pas calmé le vent de panique. Depuis le début de l’année, l’indice Eurostoxx a déjà perdu près de 12 %.
Eclairage

La situation des places boursières européennes ne s’est pas améliorée, vendredi, en dépit de la diffusion, en cours de journée, de statistiques sur l’emploi aux Etats-Unis. En début de semaine, c’est cette volée de chiffres qui avait fait hésiter les opérateurs, avant qu’ils ne justifient leurs ventes par d’autres paramètres assez peu liés aux valorisations boursières. Entre-temps, l’euro a subi une attaque foudroyante de la part des spéculateurs, au prétexte que certaines économies du bloc de l’euro sont en état de déficit budgétaire inquiétant Et ça, ça ne s’arrange évidemment pas en quelques jours. Les Bourses européennes ont donc clôturé la dernière séance de la semaine sur de très mauvais scores, portant notamment le recul de l’indice Eurostoxx qui représente les plus belles capitalisations du vieux continent à près de 12 % depuis le 1er janvier.

La tendance du jour avait d’ailleurs été imprimée par les places asiatiques pourtant nullement concernées par les problèmes de la Grèce ou de l’Espagne en matière budgétaire La Bourse de Tokyo a pourtant chuté, vendredi matin, de 2,89 %, l’indice Nikkei 225 des valeurs vedettes s’établissant à 10 057,09 points, son plus bas niveau depuis le 10 décembre.

En Europe, au final, la Bourse de Paris a perdu 3,40 %, le CAC 40 retombant à 3 563,76 points. Londres a abandonné 1,53 % et Francfort 1,79 %. A Madrid, l’indice Ibex a reculé de 1,35 % comme la Bourse de Lisbonne dont l’indice vedette a cédé au final 1,36 %. Ces deux indicateurs avaient affiché, au plus mauvais moment de la séance, des pertes de 6 % et 5 %. La Bourse d’Athènes, également influencée par les problèmes de financement du pays, a cédé 3,73 %. Partout, les ventes ont principalement affecté les valeurs financières, les groupes bancaires affichant à nouveau des chutes de cours impressionnantes. A la Bourse de Bruxelles, c’est KBC qui a chuté le plus lourdement parmi les valeurs composant l’indice BEL 20, cédant jusqu’à 9 % en cours de séance comme aux moments les plus tendus de la crise financière. Le titre est toutefois revenu en fin de journée permettant de limiter la perte à 5,5 %. Dexia dont on ne connaissait pas encore les dernières nouvelles au moment de la clôture de Bruxelles, reculait aussi de 5,03 %, entraînant à sa suite les autres vedettes de l’indice comme AB InBev et GDF Suez.

Au moment de la clôture des principaux marchés européens, Wall Street n’en menait pas large non plus, en dépit de quelques éléments positifs comme l’annonce en cours de séance du lancement d’une OPA (offre publique d’achat) hostile sur Airgas par son concurrent Air Products pour un montant total estimé de 7 milliards de dollars.

Mais à la côture, le Dow Jones repassait de justesse dans le vert (+0,17%) et restait du coup au-dessus des 10 000 points à l’issue du séance il est vrai particulièrement volatile.

Enfin, sur les marchés des changes, l’euro est tombé vendredi sous 1,36 dollar pour la première fois depuis huit mois et demi. La monnaie européenne est descendue jusqu’à 1,3595 dollar en fin de journée, touchant un nouveau plus bas depuis le 20 mai 2009. Les opérateurs ont noté ici le principe d’une aversion au risque motivé par les grands titres de la presse financière sur le risque d’une explosion de l’euro. Des craintes qui servent bien entendu les stratégies des spéculateurs (voir aussi à ce propos, l’"Edito" en page 64). Le risque essentiel du mouvement actuel étant, avant la dépréciation des portefeuilles des investisseurs, celui d’un coup de frein à la reprise en cours par la diminution du volant financier mis à disposition des entreprises par les Etats.

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