La Libre.be > Economie > Actualité > Article
Banques
Appel à une éducation financière
Philippe Galloy
Mis en ligne le 02/03/2010
Les banques estiment que les Belges ont besoin d’éducation à la finance. Lundi, à l’occasion de la présentation de leurs objectifs pour l’année 2010, elles ont lancé un appel aux pouvoirs publics. "Nous demandons aux autorités de mettre en place un programme d’aptitude financière qui produise des résultats concrets dès cette année", a annoncé Stefaan Decraene, le président de Febelfin (1), lors d’une conférence de presse organisée à Bruxelles.
Concrètement, le secteur financier estime que l’enseignement devrait prévoir une formation socio-économique pour améliorer les connaissances financières des citoyens. "Des contacts ont été noués afin de prévoir dans le cadre de l’enseignement francophone et néerlandophone une formation socio-économique", indique Febelfin, qui dit par ailleurs travailler sur "une proposition de site Internet".
La fédération financière appuie cette demande sur une enquête commandée à GFK sur "la connaissance et l’aptitude financières du Belge". Au dernier trimestre de 2009, le bureau d’études a interrogé 1326 personnes face à face pour évaluer leur connaissance des questions financières, aussi bien dans le monde bancaire que dans celui des assurances.
Cet échantillon représentatif de la population a obtenu un résultat global de 54,82 %. La connaissance des Belges est légèrement meilleure dans les produits bancaires (53,09 %) que dans les produits d’assurances (51,37 %). Le résultat est sensiblement meilleur en ce qui concerne les connaissances en matière de crédit (50,15 %) qu’au point de vue de la maîtrise des notions liées aux actions et aux fonds de placement (38,07 %). Le calcul des intérêts et les effets de l’inflation sont manifestement davantage la tasse de thé des Belges puisqu’ils obtiennent un score de 71,26 % dans ce domaine.
Par contre, les jeunes de 18 à 24 ans obtiennent un résultat global moins bon (44,53 %), ce qui fait dire à Stefaan Decraene que "la connaissance des produits financiers dans la population peut être améliorée". Selon le président de Febelfin, "aux Pays-Bas, les jeunes ne parlent même plus d’actions mais bien déjà de produits dérivés ! Nous voulons être partie prenante dans cette évolution". N’est-ce pas une façon de limiter la responsabilité des banquiers, qui verraient leur obligation d’information réduite si la population était censée mieux connaître la finance ? Febelfin s’en défend. "Il faut avancer dans le domaine de l’instruction financière mais, par ailleurs, nous sommes attachés à la protection des consommateurs", souligne Michel Vermaerke, l’administrateur délégué de Febelfin. "Celle-ci sera renforcée grâce à l’élargissement des pouvoirs de la CBFA (Commission bancaire, financière et des assurances, NdlR) ." Les banquiers et autres professionnels de la finance assurent aussi qu’il n’y a aucune intention commerciale dans leur démarche. A cet égard, "nous nous situons dans un cadre plus large", explique Michel Vermaerke. "Il est préférable que l’initiative soit prise au niveau des pouvoirs publics précisément pour éviter les suspicions d’initiatives commerciales."
A noter que, dans l’Union européenne, la moyenne du score des citoyens en matière de connaissances financières est de l’ordre de 50 %. Les Belges obtiennent donc un résultat légèrement meilleur. Mais Febelfin estime néanmoins qu’un effort éducatif en matière financière serait le bienvenu en Belgique. Pour la fédération financière, il s’agirait aussi d’une manière de restaurer la confiance du public à l’égard du monde bancaire.
Par ailleurs, Febelfin a déwvoilé les derniers chiffres du secteur. Le volume des crédits bancaires effectivement réalisés a atteint 110,092 milliards d’euros fin juin 2009, contre 106,447 milliards fin décembre 2008. "Des efforts soutenus ont été consentis pour maintenir ce volume", indique Febelfin, qui souligne que ces efforts sont principalement le fait des banques belges, alors que l’octroi de crédit bancaire aux entreprises belges par des banques établies à l’étranger a chuté. Pourtant, il y a moins de banques belges dans notre pays (voir l’infographie), notamment depuis la reprise de Fortis Banque par BNP Paribas.
(1) Febelfin (Fédération financière belge) est une association de fait qui regroupe cinq fédérations du secteur financier belge (banques, sociétés de leasing, gestionnaires d’actifs, etc.), également organisées en associations de fait à l’exception de l’Union professionnelle du crédit qui est une association professionnelle agréée.
10mn28 pour gravir l’Empire...
Barack Obama teste une arme redoutable
Parodie: Sarkozy face à la crise
Charles et Camilla fêtent Dickens