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Énergie | Fourniture
Belgacom, vendeur d’énergie
AvC
Mis en ligne le 02/03/2010
Acheter son contrat de gaz et d’électricité dans une téléboutique Belgacom ? Si l’idée peut paraître un peu incongrue, elle pourrait devenir une réalité d’ici quelques mois, voire quelques semaines.
En effet, le premier opérateur télécom du pays n’a pas contesté l’information parue hier dans "Le Soir" selon laquelle il serait actuellement en contact avec le fournisseur d’énergie verte liégeois Lampiris pour collaborer sur un projet de vente. "En tant qu’entreprise innovante, nous sommes toujours en discussion avec des partenaires potentiels. Et pas uniquement avec cette société", a expliqué hier Jan Margot, porte-parole.
"Nous discutons avec plusieurs opérateurs téléphoniques, mais c’est avec Belgacom qu’on est le plus avancé puisque les discussions ont déjà été entamées il y a longtemps", a de son côté indiqué Bruno Venanzi, administrateur délégué de Lampiris, tout en précisant "qu’il n’y a encore rien de concret".
Selon lui, les discussions ne portent que sur une collaboration commerciale alors que "Le Soir" laissait sous-entendre que Belgacom pourrait entrer dans le capital de la société liégeoise. "Une participation au capital n’est vraiment pas d’actualité. On veut rester indépendants", nous a dit Bruno Venanzi.
Par cette collaboration, Lampiris décrocherait ainsi un "canal de vente supplémentaire. Cela pourrait faciliter la vie des clients", explique Bruno Venanzi. Même s’il faudrait bien sûr une période de formation pour les vendeurs.
Mais, le "petit" fournisseur, connu pour ses offres en gaz battant toute concurrence, ne risque-t-il pas d’être débordé par un afflux de demandes ? Bruno Venanzi ne se montre pas spécialement inquiet, faisant valoir que le service clientèle de Lampiris "est un des meilleurs selon Test-Achats".
Autre question que se posent beaucoup d’internautes étonnés par cette collaboration : Lampiris pourra-t-il fournir les clients en électricité à des tarifs intéressants ? Ne va-t-il pas perdre son statut d’outsider ? "Le client n’a pas souci à se faire : on veut rester très compétitifs", rassure Bruno Venanzi. Toutefois, il reconnaît que, dans les conditions actuelles du marché, c’est surtout au niveau du gaz que la société peut faire la différence. Et cela grâce notamment à sa formule tarifaire appliquée depuis la clôture du contrat avec Distrigaz et qui n’est pas liée au prix du pétrole. Pour l’électricité, la société liégeoise, qui se fournit essentiellement chez des producteurs indépendants (les éoliennes de Perwez, le parc de production de Colruyt, etc...), ne prétend pas pouvoir faire des ristournes gigantesques par rapport à la moyenne du marché.
Du côté d’Electrabel, on ne souhaite en tout cas pas apporter de commentaire particulier à cet éventuel nouveau partenariat. "Le marché est aujourd’hui déjà concurrentiel. Chaque acteur a sa stratégie commerciale", se contente de souligner la porte-parole Luc Vande Velde.
Pour ce qui est de Belgacom, quelles motivations trouver dans l’entrée dans un métier totalement neuf ? Selon certains spécialistes du secteur, le groupe dirigé par Didier Bellens pourrait être tenté de ramener les clients vers ses téléboutiques et ses autres points de vente, afin d’encourager la vente d’autres produits. On peut aussi se demander si Belgacom ne veut pas mettre à profit sa très précieuse fiche clients.
Reste à voir si Belgacom réussira là où Carrefour a échoué. En effet, fin 2009, Lampiris avait mis fin au partenariat noué avec le distributeur français pour la revente d’énergie verte, qui s’était avéré peu concluant.
Du côté des marchés boursiers, on semble avoir accueilli ce partenariat possible dans une indifférence totale. L’action Belgacom a clôturé hier sur une hausse de 0,24 % alors que la tendance générale sur les Bourses était nettement positive.
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