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Distribution

C’est la foire aux questions chez Carrefour

P.-F.L.

Mis en ligne le 03/03/2010

Direction et syndicats du distributeur se retrouvent ce mercredi matin à Evere. Le personnel, méfiant et en colère, arrive avec une septantaine de questions!

Les mines seront forcément tendues ce matin au siège bruxellois de Carrefour. Conviés à un nouveau conseil d’entreprise, les représentants syndicaux seront escortés par plusieurs centaines d’employés toujours très remontés suite à l’annonce, le 23 février dernier, du "plan de sauvetage" des activités belges du numéro 2 mondial de la distribution. Un plan qui, pour rappel, prévoit de sacrifier 21 magasins et, par ricochet, de licencier 1 672 personnes d’ici le 30 juin prochain au plus tard.

Après le choc de l’annonce du plan et les diverses actions menées à travers le pays ces huit derniers jours (dont un jour de grève, le 27 février), les deux parties vont donc se mettre autour de la table dans le cadre de la "procédure Renault" liée à tout licenciement collectif. "La première des deux phases prévoit l’information et la consultation des partenaires sociaux", rappelait hier à l’agence Belga Lars Vervoort, porte-parole de Carrefour Belgique, ajoutant que Gérard Lavinay, directeur général, entendait bien répondre à "toutes leurs questions" et à livrer "plus d’informations sur notre plan de redéploiement commercial".

M. Lavinay et ses associés vont être servis! Disposant d’un mois pour s’informer, et d’un autre mois pour formuler des contre-propositions, le front commun syndical a prévu de "mitrailler" le management de Carrefour. "Il y a un manque total de confiance quant aux intentions et aux chiffres annoncés la semaine dernière, nous disait hier Irène Pêtre, représentante de la CSC. Nous avons donc arrêté, en front commun, une septantaine de questions afin d’éclaircir la situation et déterminer ultérieurement l’opportunité ou non de négocier". Du côté du Setca, Myriam Delmée affiche la même fermeté: "Toute une série de points sont pour nous imbuvables".

Les points qui posent problème sont connus: stratégie commerciale, partenariat avec le groupe Mestdagh, changement de commission paritaire, investissements dans les magasins "intégrés" (c’est-à-dire gérés en direct par Carrefour)

Demeure aussi un point d’interrogation sur la velléité qu’aurait Carrefour de ne plus travailler sur le territoire belge qu’avec des franchisés. Hier matin, la RTBF a relancé un tel scénario où Carrefour, via ses entrepôts du nord de la France, ravitaillerait un réseau belge composé exclusivement de magasins en franchise. Le distributeur s’est empressé de démentir. Par voie de communiqué, Carrefour parle de "rumeurs fausses et en totale contradiction avec la réalité". Il y rappelle aussi sa volonté "absolue" de rester en Belgique et réitère son souhait de pouvoir déployer ses activités "à long terme et ce, sur une base financière saine".

Du côté syndical, on a appris à se méfier des confirmations de Carrefour "Depuis 2004, Carrefour Belgique n’a investi que dans ses magasins franchisés. Le scénario de transformer la Belgique en zone de franchise est donc tout à fait plausible", observait hier Mme Pêtre.

La direction a du pain sur la planche pour renouer les fils du dialogue social

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